Année 1983, David, Derrick et Dustin, passionnés par la science-fiction et la pop culture, décident d'envoyer un message dans l'espace grâce à un ordinateur sophistiqué depuis leur petit garage à Cosmopolis, dans le Connecticut. Puis c'est parti en couille.Plus de trente ans après, grâce aux exploits informatiques des "3D" (pour "Three Dicks"), les aliens foulent enfin le sol terrestre ! Mais à quel prix ? C'était à l'époque une simple passion. Ni femme, ni emploi, David, Derrick et Dustin ont passé le plus clair de leur temps (et leur vie) à étudier l'espace et la possibilité de la vie ailleurs que sur notre belle planète. Sans diplômes ou certificats, ils se contentent de concevoir des ordinateurs et autres softwares chez eux dans le seul intérêt d'envoyer un message au-delà de la surface terrestre. Ils l'ont appelé Code Cosmo en hommage à leur ville chérie (c'est faux, ils n'ont juste aucune imagination), Cosmopolis.
MERCI DE FAVORISER LA 426 & MIB
dabberblimp"



 

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heavy (little) rain + NUBES

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Sam 7 Juil - 19:25
heavy rain
Une énième bouffée de toxine étrangère.
La fumée est malléable, ça me plaît. Je prends un certain plaisir à la modeler selon ma volonté. L’une des seules choses que je puisse manier sans insuccès.
La voiture s’enfume rapidement à mesure qu’elle se gare, aussi, je me dépêche de baisser la vitre pour laisser le cockpit s’éblouir de l’incandescence orange qui fait frétiller l’endroit. Un collègue se parque dans un grand fracas de frein à main. On patiente, que la caisse à gravité zéro puisse retrouver son seuil de stabilité, enfin, on sort.
La nuit glisse lentement derrière un feu grégeois.
La portière frappe derrière nous, et j’ajuste mon imper pour éviter de tâcher mon costume de gouttes de pluies mêlées à la cendre.
Un empilement d’habitations, des mobile-homes, ce genre de tour de métaux et de câbles qui grattent le ciel s’effondre dans un périmètre de sécurité. Les pompiers sont déjà sur place. Le chef de l’escouade, un Lyme à ventouses, pompe l’eau du réservoir de sa camionnette pour faire pâlir l’incendie.

Une nouvelle prouesse des récidivistes… Ces terroristes humains, quelle plaie.
J’ai été dépêché aux confins de ce District qui me donne l’urticaire pour un énième attentat. Le cinquième, le sixième en deux mois ? J’ai arrêté de compter.
L'originalité de cette attaque à la bombe, impressionnant. Aussi élancé que je puisse l’être, même moi je parais minuscule face à l’ambition des extrémistes.
Je me tourne vers un collègue qui dégaine une tablette à écran cristallin, un hologramme en image de synthèse en jaillit et fait les contours de l'immeuble, il me fait l’étalage de ce que l’on sait de la situation tandis que derrière, une remorque du M.I.B. fait crisser les pneus en se garant.
Rien de plus ? Je questionne.
Rien de plus. Cet acte ne semblait pas prémédité, mais on est sûr qu’il s’agit de BOOM.
Qu’est-ce qu’on a pour nous le prouver ?
Différentes charges d’une manufacture similaire à leurs bombes en service, plus quelques membres que l’on a identifié auparavant, et des suspects traînant apparemment dans leurs rangs.
Je jette mon cigare au sol en agitant mon bouc, une ribambelle de suspect est bousculée, mains liées, contre la remorque. Les cordes qui pleuvent s’accentuent à mesure que le feu s’estompe. Je m’approche de la file, la majorité d’entre eux baisse les yeux. J’en reconnais quelques-uns.
Celui-ci, celui-ci, celui-là et lui là-bas sont des résidents des bidonvilles. Les charges ont été retrouvées proches de leurs résidences, n’est-ce pas ? Bon… Emmenez-les faire une déposition au commissariat, ils n’ont pas la tête de l’emploi, de toute façon.
Mon regard se perd sur la remorque, derrière.
Le Centre tient vraiment à ce qu’un interrogatoire ait lieu dans les plus brefs délais ?
Apparemment.
Le nombre de suspects dont les silhouettes ombrées crépitent sur le sol s’amenuisent. La lumière du feu semble les faire disparaître. Il n’en reste plus que quatre. En bout de fil, une fluette odeur d’Attar délivre ce moment noir. Un tracé de bijoux orientaux tombe sur un front mat, la peau sans imperfections et trop lisse pour qu’on la croit humaine.
Une femme. Dont le regard ne dit mots. Elle ne semble même pas évincée par les menottes. À tout moment, elle donne l’impression de pouvoir en réchapper.
Mes pas glissent jusqu’à elle, le talon de mes chaussures de fonction vient frapper la terre boueuse. En comparaison, ses pieds nus semblent bien propres dans cet environnement.
Et cette Demoiselle ?
On a aucune information sur elle. Pas de carte d’identité ni de marquage aux néons. Elle est inconnue de nos dossiers. Ce doit être une nouvelle migrante, elle était visiblement déjà sur les lieux avant que ça explose.
Rien sur elle ? Bon… Apportez moi un drap et ouvrez la remorque, on prend une vingtaine de minutes pour l’entrevue.
Le comportement, la présence, la bienséance de cette créature paraissait trop séditieux, trop soupçonnable pour se passer de doutes. En six ans de métier, j’avais appris à me méfier de mes certitudes, et à favoriser le soupçon.
Elle avait été accompagnée entre les quatre murs d’une remorque large et grisonnante. Une roulotte insonorisée, avec une table grise en son centre. Une lumière foudroyante au plafond, et deux tasses de café. Il lui avait été tendu un drap propre pour la réchauffer, libre à elle de savoir quoi en faire.
Je pliais proprement mon imper humide sur le dossier de ma chaise en glissant la tablette sur la table. Je me mettais à mon aise. De ce que j’avais retenu des séminaires d’interrogatoires, il fallait agir comme dans un environnement dont on était le maître, dans une confiance absolue voire exagérée. Tout ceci était appliqué à la lettre tandis que je relevais les yeux vers elle, une main sur la hanche, celle en pierre dans mon dos.
Vous avez besoin d’autre chose ? N’hésitez pas. Elle était muette comme une statue. Bien, on va commencer par rassembler le plus d’informations sur vous. Votre nom, votre âge, d’où vous venez, ce que vous faites ici. Une fois que vous aurez fini il nous faudra vos empruntes, vous passerez vos deux pouces au centre de cet engin, il imprimera votre signature…
Je m’exprimais en anglais, le plus distinctement possible au cas où elle avait du mal à saisir la langue. Sinon, mon dialecte maternelle était toujours une option.



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Sam 7 Juil - 22:00
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BARN E. MORTIMER x NUBES



La fumée cotonneuse qui se dissipe si lentement au dessus des tristes carcasses qui jonchent cette terre brûlée frappe le cœur de l'extraterrestre, elle ne voit à travers cette brume grisonnante et répulsive, qu'un flot de nuages.
Les nuages, C'est avec eux qu'elle avait fait sa toute première rencontre sur cette planète divine. D'ailleurs, elle avait depuis insisté pour qu'on la nomme  "Nubes". Elle voulait à son tour être un nuage exempt.
S'évaporer, disparaître au grès de ses envies.
Et la fine pluie qui s'intensifiait finissait de détacher Nubes du présent pour mieux l'encrer dans ses pensées. Il en fallait tellement peu pour la déconnecter intégralement de la réalité. Après tout, ça ne pouvait que l'a désolidariser des actions coupables de la BOOM.

Ainsi sans laisser paraître sa satisfaction enfantine, elle profitait des légères gouttes qui ruisselaient sur sa peau rougeâtre.
Je suppose qu'il valait mieux qu'elle se réjouisse bêtement pour quelques broutilles, plutôt qu'elle ne panique à l'idée qu'elle puisse ne plus jamais profiter de cette nature quelle chérie si ardemment.

Et pendant que les aphorismes se multipliait dans son petit crâne malmené, elle se retrouvait au milieu des troubles-faits. Ayant temporairement perdue le libre arbitre. Et si jamais on devait l'enfermer, elle accepterais la sentence. Le "clic" des menottes se refermant sur ses poignets rougis sonne la fin de l'insouciance superficielle dont elle faisait preuve jusqu’à maintenant. Les yeux criblés sur ses mains captives, elle se laisse guider, encore absente - surement en train de prendre conscience de tout cela -.

A la seconde même où son pied foula le sol glacial de la remorque, un sentiment bien trop pénible étreint la créature. C'est dans cet endroit clos, que tout allait se jouer. Et le monde extérieur lui manquait déjà. La panique, le mal-être, tout ça, elle allait finir par s'y habituer si elle restait fidèle à sa nature de Lyme évasive et distante.
Son visage se dirigeait instinctivement vers cette lumière blême aveuglante, comme un insecte attiré par une quelconque lueur. Peut-être espérait-elle un échappatoire, et bien, c'est sur un bras aimablement tendu qu'elle était tombée. Par automatisme elle agrippa le drap qui semblait l’appeler, et après l'avoir brièvement contemplé, le tapota sur ses joues gonflées.

Une grande gigue se tenait là, au centre de la pièce, ne savant pas trop quoi faire de ses mains. Le regard rivé sur cet agent, un alien qui plus est, son statut d'agent ne la surprenait pas tant, mais elle ne pouvait s’empêcher d’être affreusement intimidée, il faut dire que son physique n'était pas des plus rassurants, et ses gestes assurés et fermes semblaient crier " toi, je vais te cuisiner".

Elle plia fébrilement les genoux comme pour s’asseoir... mais finalement non, elle allait rester debout.
Cette petite histoire allait surement durer longtemps mais déjà trop crispée, elle n'osait rien. Son esprit ne lorgnait maintenant que le sur rouge de la peau de cet être qui se tenait fasse à elle. Et pendant qu'elle examinait cette rougeur intense, sa bouche se chargeait de répondre calmement aux questions :

- On m'appelle Nubes et j'ai...


elle leva les yeux promptement, réunissant durement ses idées

- J'ai 87 ans, j'ai quittée ma planète d'origine , Gelroos. Ça va faire ... une quarantaine d'années.
Et je suis à la recherche d'un empl...

Elle scruta de nouveau l'agent, ne sachant pas vraiment quoi dire. "à la recherche d'emploi" mais bien sûr, comme si l'idée lui avait frôlé l'esprit ne serait-ce qu'une seule fois.


- Ecoutez, je sais qu'il est bon ici de dire qu'on "cherche" un emploi quand on ne travaille pas mais, pour être honnête, je ne souhaite pas en trouver, je vis bien sans...


L'envie de déblatérer pendant des heures la démangeait horriblement, mais elle n'était pas là pour prêcher sa façon de voir le monde du travail, surtout pas à un membre du M.I.B qui n'a surement jamais vécu un moment de répit dans sa vie.

Elle avait à priori répondu à toutes les interrogations du bonhomme rouge. Elle espérait naïvement qu'après avoir donné ses empreintes elle pourrait continuer sa petite vie bohémienne.  

   
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Sam 7 Juil - 23:43
heavy rain
Dieu,
Dans sa grande magnificence
Qu’il soit alien ou non. Un être à part. Détenteur du vide et ainsi de tous nos univers… selon moi, trouvait un malin plaisir à m’emmerder.
J’avais du mal à croire en ce monde qu’il érigeait ; je me forçais de croire en moi.
Quand je pensais détenir les bonnes clés, je me retrouvais au-devant des mauvaises portes.
Les lois de l’univers sont impénétrables, qu’attendaient-elles de moi en me confrontant à une fragilité issue du cosmos ?
Mon cœur de velours se serrait en me rappelant ces enfants abandonnés que je croisais. Au diable les brimades, l’air dur. J’allais agir avec discipline et dans le gré de mon métier. Jouer au grand méchant loup semblait après tout, faire parti du boulot. Cela me déplaisait, me piquait dans l’échine, faisait parcourir en moi un lancinant malaise.
Il fallait que je me reprenne. J’étais un agent confirmé, je ne pouvais pas me laisser attendrir par les effluves charbonnées d’une forme de vie en apparente perdition. Je détestais m’entendre penser comme un fasciste qui reniait ses origines, et me voir couper une main puis la mettre au bûcher, que je venais de tendre.
Ma vie serait faite d’embûches, c’est ce que j’avais convenu, en choisissant ce métier.
Sa voix, à elle, trop douce pour être perçue comme vraie, grima mon visage d’un rehaussement de sourcil.
J’avais entendu cette charade de nombreuses fois. Allais-je la croire pour autant ? À moitié…
Nubes, qu’elle disait qu’elle se nommait.

Elle répondait en anglais, s'était entiché d'un accent chaleureux qui caressait les côtes de Chennai, non-loin de Pondichéry. La droiture de son galbe et son teint arrosé témoignaient de ses ascendances. Dans le trouble de sa voix, on décelait aussi du calme. Quelque chose de pestant, quand on veut vous tirer les vers du nez.
Cependant, j’avais tout mon temps. Vingt minutes, une courbe dans l’espace-temps exponentiellement longue. Nubes ne m’avait pas tout dit. Le cliquetis qui indiquait que l’appareil avait fini de saisir les empruntes de l’interrogée se mit à résonner dans la pièce aménagée. Je m’approchais à pas lourd, en faisant trembler la remorque – le désavantage de peser 120 kilos – pour éteindre la tablette. L’avais-je effrayée ?
J’emportais l’écran sous le bras avec moi avant de me mettre en bout de table. Je ne comptais pas m’asseoir tant qu’elle ne serait pas sentie à son aise. Facile à dire…
Ses jambes quant à elles semblaient fléchir, ou trembler ?
Pas l’intention de se reposer une seconde ou deux ?... Toujours aucune réaction. Nubes a les joues roses, intimidée, elle en devient intimidante. Je désigne de la main la tasse qui siège sous ses yeux. C’est du café. Même si j’imagine que selon vos goûts, vous préféreriez du thé… ?
Un ange passe. Puis deux. Puis trois. Ils sont sûrement envoyés par Dieu. Tu me forces à jouer les armoires face à une petite commode, tyran…
Je gratte le sommet de mon crâne dégarni.
Nombreuses sont les personnes dans cette ville, dans ce District sans emploi vous savez. Cependant, votre situation ne vous permet pas de ne pas travailler. Vous n’avez apparemment fait aucune démarche administrative pour vous enregistrer en tant que nouvelle citoyenne de cette ville. La juridiction pourrait nous permettre de vous renvoyer chez vous, ou pire vu l’état et l’endroit dans lequel vous vous retrouvez aujourd’hui… Je souffle un instant pour abréger. Disons qu’aux yeux de la loi, vous êtes considérée clandestine.

J’attends une réaction, dans l’espoir de pouvoir rebondir. Ce séminaire m’a vraiment été utile… Mes pensées s’accrochent à un détail que j’avais choisi d’omettre. Je déteste mettre ma race en avant pour servir ma diplomatie pourtant, comparée à cette demoiselle une tombe est plus bavarde.
Vous venez de Gelroos, c’est ça ? Quel secteur exactement, Ortogoda ? Ilumis ? Syr ? Le cratère HG-66 ?
J’avais entendu parlé de ces secteurs par le biais de ma vieille mère, c’était les plus connus et les plus récemment enregistrés. C’était ce sur quoi je me basais pour prendre essentiellement des Lyme de court, mais ils démontraient ici ma limite en terme de géographie. Il fallait qu’elle coopère plus facilement pour que j’obtienne des réponses…




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Dim 8 Juil - 14:19
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BARN E. MORTIMER x NUBES




- C’est du café. Même si j’imagine que selon vos goûts, vous préféreriez du thé… ?

Et le temps semble s'allonger de plus belle à ces mots. Il se consume déjà si lentement sur cette planète - du moins, du point de vu d'un alien Lyme -. L'interrogatoire prenait soudain des airs plus lourds.
Sans même s'en rendre compte elle souffla un petit rire du nez, probablement réjouie par la façon dont ce monsieur semblait si concerné.

- Non non, ça m'ira très bien merci  

Cette tasse de café allait bientôt devenir un nouveau prétexte pour s'évaporer. Déjà se perdait-elle dans les reflets ambrés, scrutant le fond comme si elle allait y plonger d'une seconde à l'autre. Jamais elle ne finirais par poser ses lèvres sur le rebord, mais elle tenait à garder la tasse dans une main, alors que la serviette humide sur son avant-bras gauche commençait à s’alléger doucement.
Les paroles de l'agent vinrent arracher son regard, qui maintenant était comme fixé sur la cravate bien nouée qui centrait sous ses yeux. Il avait l'air bien humain cet alien, dans ce costume solennel, sous ce comportement assuré.

Un frisson de malaise parcouru le corps de Nubes, ces questions là elle les redoutait beaucoup, d'ailleurs elle les avait toujours catégorisée comme des "questions d'humains", rien de péjoratif, rien de condescendant, seulement le travail est au centre de l'identité ici, et si elle a réussie à cerner et comprendre le sujet, elle a bien du mal a s'y plier.

- Je... Ecoutez, s'il vous plait ne pensez pas que ce que je vais vous dire est question de flemmardise, de mauvaise foi ou peu importe. Mais je ne suis pas faîte pour travailler, je suis beaucoup trop attachée à la liberté totale et ....

Une certaine honte se faisait de plus en plus intense dans le ventre de l'extraterrestre, chanter ce genre de propos devant un agent du M.I.B, disons que .... l'auditoire visé n'allait pas forcément être très réceptif. Elle continua malgré tout ses propos, finit  par s’asseoir, les doigts au bord de la table comme une enfant.

- ... et je serais incapable de m'obliger à faire, je finirais par abandonner ma fonction au bout d'un jour.  Je suppose que c'est encré en moi, un résidu encombrant de ma nature surement.

Clandestine, à ce simple mot elle écarquilla les yeux, comme si elle ne comprenait pas vraiment. La vérité c'est que si, elle comprenait et elle l'avait même admis depuis bien longtemps. Elle en avait toujours été une, de clandestine. Même à ses propres yeux, elle était étrangère, même pas sûre de choisir entre son soi Lyme et sa part d'humanité.

- Oui clandestine, c'est... c'est le mot. Si l'identité ne peut être définie que par une fonction, et bien je suis inutile, je dois être clandestine. Je suis consciente que la plupart des gens qui vivent dans le district 12 sont là par dépit. Mais, enfin, je sais que ça doit vous paraître un peu stupide mais je me sens bien là-bas, vous n'avez pas idée d'a quel point n'importe quelle parcelle de terre me comble entièrement.

Elle tira ses yeux sous la porte de la remorque, déjà envieuse de liberté. Et le simple fait de s'imaginer soudainement ailleurs que sur sa petite planète bleue lui tordait le cœur.

- Enfin, je peux bien me résoudre à faire toutes les démarches qu'il faudrait et à trouver du travail, mais en revanche je ne peux pas vous assurez que le tout sera concluant.

– Vous venez de Gelroos, c’est ça ? Quel secteur exactement, Ortogoda ? Ilumis ? Syr ? Le cratère HG-66 ?

- Hum, je préfère ne pas parler de ça si vous le permettez.

Elle avait prît soin de paraître la plus polie possible, elle ne voulait en rien le vexer, bien consciente qu'il faisait de son mieux pour rendre l’atmosphère moins pesante. D'ailleurs cette question là ne la gênait pas vraiment. Elle avait juste oublié, oui elle oubliait d'où elle venait, elle ne savait même plus le nom de ses parents ni même de quoi ils avaient l'air. C'est comme si elle était née le jour de son arrivée sur Terre. C'est elle qui grossissait dans sa tête pour mieux effacer Gelroos.

Mais bon, de quoi aurait-elle eut l'air en répondant " j'ai oublié ", déjà qu'elle alimentait une figure caricaturale à elle toute seule. Mieux valait évincer le sujet.  

 

   
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Lun 9 Juil - 0:35
heavy rain
Dans l’océan profond qu’inspirait ses yeux, qui bataillait en soufflant des vagues d’oxymores tombant contre sa peau basanée éclaircie par le blanc de ce confinement, je ne ramais sur rien d’autre qu’une mer calme et sincère.
Et pourtant, voguer se distinguait pénible, long. Long oui, à l’image que prenait la tournure de ces évènements. Nous étions dans un isoloir lumineux qui donnait aux mots une consonance coupable où pardonnez-moi-mon-père-j’ai-pêché et cela-fait-bientôt-un-mois-que-je-suis-sobre pourraient librement battre des ailes jusqu’au couvre-feu.
Mais je ne souhaitais pas manger de ce pain-là. Il fallait que je me montre gourmet ou alors comme la planète, nous prendrions tendance à rapidement tourner en rond.

– […] Je suis consciente que la plupart des gens qui vivent dans le District 12 sont là par dépit. Mais, enfin, je sais que ça doit vous paraître un peu stupide mais je me sens bien là-bas, vous n'avez pas idée d'à quel point n'importe quelle parcelle de terre me comble entièrement.  
J’imprime, l’oreille tendue.

En autarcie. Ce mot, le plus efficace et percutant que l’on puisse nous apprendre lors de nos formations. Un mot factice, aussi traître que Judas. Il fallait que nous campions sur nos positions, sans nous soucier du reste en distribuant écoute, réception, attention optimale à la moindre parcelle de peau frémissante. Au premier roulement d’œil. Au souffle coupable naissant. Il aurait pu s’agir de mentalisme, si je n’étais pas aussi benêt. L’observation suffira. Le plus important, c’est que la Lyme indienne s’en était allée dans mon sens. La tasse roulait entre ses doigts, elle avait posé son buste contre une chaise, obtempéré à l’élaboration de papiers d’identités. Elle était coopérative.
Elle l’était.
Beaucoup trop.

Hum, je préfère ne pas parler de ça si vous le permettez.
Oui, bien sûr, veuillez m’excuser ! J’imagine que de nos jours… L’intimité est tout ce qu’il nous reste de plus précieux, n’est-ce pas ?

Vraisemblablement, il fallait que je vêtisse cette redingote étroite de pressureur. Je ne le voulais pas. Je n’étais pas à l’aise. Dans un cas contraire ou accompagné, la performance aurait été au rendez-vous. Livré à soi-même, on paraissait vulnérable, mais pas sans défense.

Ces ambiances qui saupoudrent l’air d’un goût d’azote, sans conteste gênantes, devenaient familières. Aussi, je me détendais à mesure que la belle Nubes se livrait. Nous n’étions pas en conflit, pas encore. Pourquoi ne pas agir comme si tout allait pour le mieux ?
Je dessinais un faux sourire sur le coin de ma joue, le plus crédible. En m’approchant de la table, je détachais mon bras droit – le plus immonde – de mon dos, pour y dévoiler une difformité en pierre et des doigts rocailleux. Il allait s’emparer de la coupe de café. Et tandis que le liquide noir chutait et caressait ma glotte, je m’asseyais paisiblement.
Une fois fini, je me mis à tapoter sur la tablette, l’air de rien, je reprenais la conversation.
La plupart des habitants de ces lieux sont, effectivement, là par dépit. Faisais-je alors que l’écran illuminait mon menton. Pas de situations financières stables, quelques soucis avec les forces de l’ordre. Des dégénérés, des fuyards, des orphelins, on y trouve de tout et pourtant, les seuls présents ici de leur propre volonté sont… Je retourne la tablette vers elle, pour lui démontrer les différents attentats ayant eu lieu sous la coupole de BOOM. Des terroriste. Comme vous.

Diffamation.
Mais elle n’avait pas d’avocat. Elle ne connaissait pas les règles. Moi, je connaissais les règles. Je ne savais juste pas m’en servir et m’appuyais sur de simples spéculations. Ma voix accélérait, comme pour lui faire avouer quelque chose bien qu’au fond, je n’étais certain de rien.

Vous semblez bien trop familière avec ce District, pour une étrangère. Tandis que votre discours frôle le nihilisme, ce que je conçois, le capitalisme n’est pas amour de tous, aucune archive n’est retrouvée sur vous Nubes et dorénavant, la seule que nous détenons c’est votre présence sur un lieu d’attentat. Vous avez l’air intelligente, je ne vais pas vous faire un dessin. La suite des événements, j’aurai besoin de noms, d’adresses, vos compères de BOOM, qui sont-ils ?

Était-ce la manœuvre à adopter ? Parfois j’ai l’impression de craindre comme agent…


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Mar 10 Juil - 15:40
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BARN E. MORTIMER x NUBES




Et la stratosphère venait de s'écraser sur les épaules tendues de Nubes. Les complications s’annonçaient et c'est dans ces moment là que cette éternelle distance Lyme qu'elle traînait comme un boulet depuis tant d'années pouvait être utile.
Les mains jointes sur la table et le cou tendu vers la tablette, elle observait tous ces visages familiers qui semblaient si rustres et blafards à cause de cette maudite lumière criarde.

– Vous semblez bien trop familière avec ce District, pour une étrangère. Tandis que votre discours frôle le nihilisme, ce que je conçois, le capitalisme n’est pas amour de tous, aucune archive n’est retrouvée sur vous Nubes et dorénavant, la seule que nous détenons c’est votre présence sur un lieu d’attentat. Vous avez l’air intelligente, je ne vais pas vous faire un dessin. La suite des événements, j’aurai besoin de noms, d’adresses, vos compères de BOOM, qui sont-ils ?

Ses yeux penchèrent vers le côté, elle devait prendre soin de bien organiser ses pensée, elle voulait sortir d'ici libre, et surtout, sans avoir crée de conflits. Et réfuter les dires de ce brave monsieur sans se le mettre sur le dos allait être compliqué.

- Je ne veux en aucuns cas remettre votre façon de travailler en cause monsieur, mais me suspecter du seul fait de ma façon de vivre non conventionnelle, sans la moindre preuve concrète à l'appui. Je dois avouer que ça me froisse un peu.

Elle regardait le café qui avait déjà refroidi, mais dont l'odeur se faisait toujours aussi forte. Déplorant sa propre dégaine si clichée qui suffisait seulement à aiguiller les agents du M.I.B sur la piste de l'organisation.

-... Enfin bon je suppose que prendre cette accusation aussi personnellement serait un peu immature. Quoi qu'il en soit, je saurait répondre à vos questions.
Même une étrangère comme moi...

A vrai dire ça lui faisait presque mal de parler d'elle en tant qu'"étrangère", elle qui pensait appartenir à cette terre, elle trouvait ça ironique que ça soit un agent alien qui parle d'elle en ces termes.  

- .... Même une étrangère comme moi peut essayer d'adopter son environnement, aussi primaire soit-il. Et en ce qui concerne la raison de ma présence sur les lieux, vous devez vous y attendre mais j'habite dans le quartier, je passe le plus clair de mon temps à me balader ici. D’ailleurs si vous souhaiter vérifier mes dires, je veux bien signer un mandat et vous permettre de fouiller chez moi si vos soupçons persistent.  

Qu'avait-elle à perdre, ce cloître qu'elle avait tenté de rendre agréable était dénué de toutes informations. Il aurait au moins le mérite de donner plus de substance et de crédibilité à son témoignage.

 

   
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Jeu 12 Juil - 16:40
heavy rain
Il y avait dans les remous de sa voix et de la mienne, d’acides remontrances que deux inconnus puissent se faire. Nous partagions cependant avec étroitesse et timidement une sorte de culpabilité qui se définit par d’autres mots que ceux que nous connaissions. Un langage interstellaire, ayant navigué sur les flots générés par quelques météorites, ou le partage de pensée instantané ; ses songes dans sa tête, les miens dans la sienne. Voilà ce qu’il nous aurait fallut pour accéder à la vérité vraie.
Et, bien qu’en sachant que la plus véritable des vérité ne penchait forcément pas vers le réel, mes lèvres se retroussaient plus son débit de parole s’intensifiait. Je voulais croire ce qu’elle me contait.

Vivre à Cosmopolis, en tant qu’agent, en tant que métissé, en tant qu’homme et certainement – sûrement – alien à la fois s’avérait fastidieux. Un long chemin sinueux qui finissait par nous perdre, car trop occupé à évoluer seul.
Tout avait une raison d’être ici. Oui, même dans le District 12.
Surtout, dans le District 12.
La folie ou l’amour s’emparait aisément des esprits sans essentielles justifications. Le monde se métamorphosait tout autour et plus encore entre les parois de la chrysalide cosmopolitaine. On pouvait quitter cet endroit comme tous les endroits ; n’importe quand. Qu’est-ce qui nous empêchait de le faire ? Les hommes, les aliens, le reste, moi-même, nous nous plaisions ici. Pourquoi ça ne pouvait pas être le cas de cette Lyme ?

Tac.
L’aiguille à ma montre frappait une nouvelle minute. Six cent secondes venaient de flancher. C’était peu. C’était énorme. Il me restait autant de temps pour déposséder Nubes de ses plus intimes connaissances, mais rien à faire, elle était la brise d’été du soir sur une peau rêche, aussi rafraichissante que gênante. Elle ne m’apprenait rien que je ne savais pas.
De plus, malgré la passion innocente qu’elle avait adopté pour cette vie – du baratin, je m’efforçai de penser – elle semblait convenir aux normes humaines, ma fois correctement renseignée sur la procédure policière. Sauf que le M.I.B constituait tout, sauf la police.

[…] D’ailleurs si vous souhaiter vérifier mes dires, je veux bien signer un mandat et vous permettre de fouiller chez moi si vos soupçons persistent.  
Bien aimable de votre part. Mais ma position me permet de perquisitionner votre appartement sans avoir recourt à un mandat. Rappelez vous que tout est contre vous, vous ne possédez aucune identité administrative.
J’avais les cartes en main. Le deck entier. Ainsi que les dés. Et les jetons.
Bravo, Barn. C’est une application parfaite de tes acquis, ça.
En effet, dans les petits papiers, Nubes n’existait pas. Nombre étaient les hommes qui n’existaient pas ou plus à Cosmopolis. J’étais « véritable » seulement parce-que j’étais enregistré et fiché. C’était notre politique. Mais comme je l’ai dit, même la plus vraie des vérités véritables ne pouvait se targuer d’être réelle. La politique quant à elle était indispensable.

Une seconde fois, j’allais improviser. Mon collègue, accompagné d’une petite équipe au-dehors se chargeait de poser les questions sur le tas tandis que je faisais mariner les oignons et désastreusement pour mon compte, Nubes faisait ressortir mes plus grands défauts de cuisinier : l’impatience, le remord, le questionnement.

Si je décidais de me fier à mon instinct dès maintenant, à quoi rimait toute cette procédure ? Nous avions, l’interrogée comme son hôte, un rôle à parfaire. Je m’appliquais dans le mien, mais la carte que j’avais servie à Nubes avait-elle une double face ? Je l’aurai aperçu, sinon… Quel idiot.

Nubes, dites-moi, à quoi vous jou-…
Mes mots se noient dans ma gorge quand la porte s’ouvre en branle derrière. Mon collègue pénètre, lunettes noires vissées sur le nez. Son imper est trempé, il ferme derrière lui pour me prendre à part.

Là-dehors, on en a qui ont avoué qu’ils étaient du mouvement. Les autres s’occupent du reste. Qu’est-ce que ça donne ici ?
Cette jeune femme, une Lyme… Je commence tout bas. Elle a la bouche aussi vide que le désert. Rien à y faire, elle semble être une marginale qui se plaît à vivre ici.
Vraiment ? Qui se plairait à vivre dans un trou à rat ?
Crois-moi. Elle a plus l’air d’une… visiteuse que d’une poseuse de bombes. Ses épaules semblent trop frêles pour être celles d’une terroriste. J'insistais, sans comprendre ma propre position vis-à-vis de ma suspecte.
Arrête, Mortimer, pas à m-… !

À son tour, ses paroles s’accrochent vivement au plafond de la remorque quand celle-ci se soulève après un grand cri de feu. Une poudre virevolte dans tous les sens pour défaire le cadre de la salle. Des grenades, du C4 ? Non, nous serions morts, sinon… ! L’aménagement est retourné, nos corps balancés sens dessus dessous et la pluie de l’extérieur nous frappe à la tête. Un mur entier a sauté.
Au beau milieu de l’imbroglio dénué de haut et de bas, mon regard se trouble à l’horizon. Le soleil à l’extérieur a déjà délaissé cette terre. C’est sous les néons fumants et le reflet de la lumière des flammes sur la boue que je me repère. Enfin, mes pensées se regroupent : des membres de BOOM s’en sont pris à nos installations. Comment ?!

Je peine à me relever, chancèle. Mon collègue a la tête en sang, il a dû frapper un coin de table ou de chaise, il risque d'être out un moment. Souffle, Barny. Ne pas laisser la panique ni l’incompréhension s’emparer d’une analyse pointue. Tout autour de moi, de mon partenaire, de Nubes, c’est l’Enfer.
Mais j’ai vu pire.
J’emporte le corps inerte de mon collègue sur mon épaule sans grands efforts alors que la roulotte tangue, Nubes est effondrée à l’autre bout de la pièce, blessée ?
Des types masqués de tissus flottants sous leurs mentons rappliquent, une dizaine des tessons de bouteilles allumées de mouchoirs ; des cocktails molotov. Ils beuglent dans la cacophonie qu’ils viennent de provoquer :

À MORT LE M.I.B ! LIBÉREZ NOS FRÈRES ! PLACE À L’ANARCHIE DE BOOM ! CRAMONS LES FONCTIONNAIRES !!
Traverser les flammes sous le regard froid de la lune, qu’allait-il arriver ensuite ?


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Dim 15 Juil - 21:53
GIVE PEACE A CHANCE
BARN E. MORTIMER x NUBES



Une tonalité fracassante semble résonner dans la remorque qui ne trouve plus aucuns sens. D'ailleurs, la remorque n'est pas la seule à se voir dépourvue de sens. Nubes clouée au sol, à demi consciente se recroqueville sur elle même, presque par automatisme.
Assourdie par ces acouphènes qui donne l'impression de s'alourdir dans son crane, la vue troublée, assombrie petit à petit, pratiquement incapable de bouger, surement incapable de penser également. Le temps s'écoule si vite, mais tout à ce moment là, semble figé autour de cette chose qui avait l'air plus que jamais perdue.

Mais si Nubes s’estimait suspendue, les flammes ondulées s’empressaient de l'encercler, comme si elles allaient la dévorer toute crue. La chaleur qui embaumait les bras fragiles de Nubes parvint à l'alerter. Et d'un mouvement primaire et saccadé elle s'extirpa durement de la pièce. L'air se faisait presque aussi irrespirable que dans la remorque bossue. Son esprit était vide de toutes pensées.

Il y avait pourtant tant d’interrogations et de craintes à imaginer. Ses confrères s'embrasaient de rage sous ses yeux vides et epuisés tandis que l'agent qu'elle avait essayé de le convaincre s’éclipsait tel un héros masqué pour protéger son collègue. Est-ce que tout était déjà joué?

Mais c'était vide, tout était vide.
Les yeux de Nubes roulèrent vers le ciel avant de se fermer comme pour toujours.
Elle s'effondre au pied de la remorque qui se consume à son tour.  

 

   
©️ ASHLING DE LIBRE GRAPH'


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Lun 16 Juil - 21:24
heavy rain
L’anarchie est l’ordre, le gouvernement est guerre civile.
Je me demande si donner raison à l’anarchie salut sa fougue ou se désenchaîne de toutes responsabilités la concernant.
Ces hommes, poussés sur l’addictif chemin de la révolte ont subit les soubresauts de l’abandon. On ne croit en rien, sinon en nous-même en se comportant ainsi.
On casse, on rompt, on dégrade on ébrèche on renverse on détruit. En détruisant, on créé quelque chose. Quelque chose de meilleur. Quelque chose de facile.
En détruisant on fait parler la simplicité ; pour des faibles d’esprit c’est ce qu’il y a de mieux. Ça et la violence.  

Au final tout ce qui compte, c’est la loi du plus fort ? Actuellement, je ne suis plus sûr de rien. Dos au mur, encerclé par des grenades artisanales, dans ma main gauche siège mon revolver. Sur mon épaule droite est allongé un collègue. Ni ma taille, ni mon gabarit, ni ma couleur de peau ne me sauvera. Surtout pas ma couleur de peau…

Qu’est-ce que font les autres ?
L’équipe initialement sous nos ordres traîne dans la boue, genoux ployés face à de pauvres extrémistes issus de la basse société qui continue de les matraquer sans compter les coups. Seul face à l’adversité, comme d’habitude. Peut-être est-ce pour ça que je ne suis pas affolé ? Réalisant que certaines situations ont été plus déplorables que ça depuis mes services au M.I.B, je me soucie néanmoins de la troupe et de la suspecte fanée dans un coin de la remorque. Elle s’est effondrée comme un château de cartes et ne donne plus de signes de vie. Deux évanouis, quatre coéquipiers immobilisés, un géant rouge qui luit dans la nuit, dix opposants.
T’as l’air bien emmerdé là, mon gros ! Ils commencent par la provocation. Ils commencent tous par ça.
Une minute ! Cette fille, je pointe Nubes du doigt, évanouie, elle est des vôtres non ?! Elle était notre suspecte, reconsidérez vos actes, vous comptez vraiment blesser l’une des vôtres ?! Inviter à la réflexion dans un moment d’effervescence est une astuce pour égarer l’ennemi de son objectif premier. Il faut le détourner de toutes ses ambitions, ne serait-ce qu’une fraction que seconde.

L’hésitation a une odeur. Celle qu’ils dégagent. Je brandis mon revolver chargé et tourne la roulotte prédestinée à choisir un mode de tir – un petit bijou des services d’ingénieries du M.I.B. Il se règle sur le mode « S.O.S. » Une fusée de détresse décolle en leur direction, l’écarlate de sa luminescence foudroie ma peau aussi sanglante, elle émet une lumière aveuglante qui couvre ma course vers Nubes. Il me reste 15 secondes. Il ne jetteront pas leurs cocktails dans le vide, ils ne sont pas stupides.
Mademoiselle, vous m’entendez ? Pas de commotion cérébrale, elle a juste tourné de l’œil. Une fragilité pareille, alliée aux terroristes ? Dans quel Monde fou vit-on ? Mademoiselle ! Nubes ! Nubes, aller ! Une légère gifle sur la joue, un battement de cils peut-être ?

10 secondes.
Là où l’adrénaline nous entraîne dans cet espace de frénésie remet en question les lois de la physiques.
Un instant coule dans le néant de ma vie ; mon arme à feu était passée à un second mode « Rubber »  permettant de tirer des balles de sommation en caoutchouc, inoffensives. Nubes avait rejoint mon collègue sur mon épaule droite, plus de cent kilos là, ma constitution me permettait de les maintenir en équilibre. Encore fallait-il les garder en sécurité.
5 secondes.

La nuance de rubis se dissipait, elle, sa fumée, le rayonnement qu’elle provoquait.
Inhabituellement, je chargeais. J’étais du genre à réfléchir avant de fondre au combat, mais la réflexion n’était plus une option.
3 secondes.
Un tesson darde à mon visage, ils se sont déjà remis des hostilités ouvertes ?! Je m’étouffe dans ma lourde course et me protège avec ma main non-solidifiée. Le feu semble me brûler de l’intérieur et je lâche un cri de douleur, mais continue de progresser vers les assaillants avant qu’ils ne prennent plus de liberté.
Il ne reste plus qu’un ciel pluvieux, une ville confuse et des hommes effrayés face à un titan rouge.
Un coup d’épaule écrase le premier sur ma route qui est propulsé plus loin. Mes collègues sont tout proches, je dois les libérer, vite !
Stoppe toi ! Ou je leur explose le crâne !
Je ne peux pas utiliser mon bras droit, c’est le plus musclé et aussi le meilleur bouclier pour protéger mon coéquipier et la Lyme. Je saute au cou de mon agresseur et l’attrape par le col pour le balancer à notre opposé, c’est un poids plume. J’invite mes collègues à se relever en prenant avantage de l’incompréhension générale.
Appelez le Centre ! Des renforts, maintenant !
Aussi professionnels qu’efficace, la manœuvre ne tarde pas. Les renforts seront là dans un délai de six minutes, parfait ! Nous sommes toujours aux prises avec huit révolutionnaires, face à cinq, me comprenant…
Une misère intense me fait fléchir le genou, derrière moi, puis ensuite, à la tête. Une frappe brutale.
Je m’abats visage contre terre, mes protégés ainsi que mon arme m’échappent, ils roulent avec moi le nez dans la boue. Un autre partisan de BOOM, il brandit une barre de fer, de ce que je peux distinguer avec les cordes qui me tombent dans les yeux. Il a eu raison d’une courte inattention pour me voir vaciller…

En position de faiblesse, tout se brusquait trop vite pour un lent à la détente tel que moi.
Bouge-toi, Barny.  


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heavy (little) rain + NUBES
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