Année 1983, David, Derrick et Dustin, passionnés par la science-fiction et la pop culture, décident d'envoyer un message dans l'espace grâce à un ordinateur sophistiqué depuis leur petit garage à Cosmopolis, dans le Connecticut. Puis c'est parti en couille.Plus de trente ans après, grâce aux exploits informatiques des "3D" (pour "Three Dicks"), les aliens foulent enfin le sol terrestre ! Mais à quel prix ? C'était à l'époque une simple passion. Ni femme, ni emploi, David, Derrick et Dustin ont passé le plus clair de leur temps (et leur vie) à étudier l'espace et la possibilité de la vie ailleurs que sur notre belle planète. Sans diplômes ou certificats, ils se contentent de concevoir des ordinateurs et autres softwares chez eux dans le seul intérêt d'envoyer un message au-delà de la surface terrestre. Ils l'ont appelé Code Cosmo en hommage à leur ville chérie (c'est faux, ils n'ont juste aucune imagination), Cosmopolis.
MERCI DE FAVORISER LA 426 & MIB
dabberblimp"



 

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just ice + MARYLIN

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Ven 13 Juil - 5:26
just ice
Il suffisait du tintement sphérique de l’acier qui cognait au sol, de la recharge tapageuse de plasma qui alimentait le canon, de la dissonance aigüe de rayons zeta se nichant sur un mur tout au fond ; un assemblage de détails audibles, tangibles, tout ce qui paraissait le plus physique – le plus rattaché à l’action, à l’aboutissement – entre autre, ce qui administrait indirectement ou pas un vicieux contentement. Une satisfaction transfigurant un sourire tatoué sur un visage qui l’accueille mal… Après tout, chaque rictus que j’émettais réjouissaient les plus grands démons. Je semblais soudain machiavélique. Une figure fière de son assiduité, de ses progrès, d’une qualité qu’on ne pouvait lui arracher.

En déposant le manche de cet annulateur à particules sur le comptoir, j’agrippais en un cycle et tour de mains des jumelles qui vinrent couvrir mes yeux. Deux cent mètres de distance, un tir un seul, les jets électriques qui se condensaient pour frapper la cible parcouraient la pièce à une vitesse de cent soixante kilomètres/h par secondes, et la lumière les nourrissant, en attendant l’impact, avoisinait une chaleur à faire pâlir les thermorécepteurs les plus sophistiqués.
Enfin, la collision.
Le sujet risque la désintégration.
Mes pupilles vacillent sur l’attirail refroidissant que je viens d’utiliser. Beaucoup trop massif pour être dompté, aux allures destructrices…
Je le dépose soigneusement à la remise derrière et voit son bâti glisser entre les paumes d’un vieux bonhomme aux rides dessinées dans un grillage reluisant.
Bienvenue à l’étage -3 du Centre du M.I.B. Certains l’appellent « Shooting Satellite. » On s’y rend en troupe ou seul, pour faire parler la poudre flambante et les gâchettes. Là où les éclats de coup de feu sifflent dans nos casques rembourrés, et où nos doigts sont les uniques meurtriers.

Aujourd’hui, c’était Vendredi. Jour de messe.
À moins que ça ne soit Dimanche ? Je mêle les jours entre eux. Je n’ai pas finis de bouquiner tous les livres religieux alors, je loupe des détails.
Toujours est-il que chaque Vendredi poussait mes pas à franchir la porte de ce square de plaisance. Au grand regret de Dieu, c’était ma Terre Promise. J’étais l’arme et je tenais l’arme. Le détenteur faisait chavirer en moi les effluves canonnières d’outils assassins contrôlables, et c’était la consécration.  
Loin d’être le meilleur enquêteur ou le meilleur agent de terrain, encore moins le plus apte à mener un interrogatoire – l’épisode avec Nubes, la Lyme du District 12, me travaille encore – je pouvais me reposer en mes qualités d’excellent tireur.
Les étuis vides en cuir, scotchés sous mes aisselles dansaient, tandis que je me mouvais à gaver en trombe mon chargeur de revolver pour le coincer avec précision entre les deux yeux du sujet visé.
Bang. Touché.
Bang. Touché.
Bang. Touché.
Bang. Touché.
Clic-clac.
Bang. En plein dans le mille.
Une note parfaite. Une symphonie me promenant avec harmonie simple sur les eaux d’un lac érigé de la main de Tchaïkovski.
Ssshh

La redescente après l'élévation en puissance de l’arme. Elle s’assèche doucement alors que la pancarte criblée de morts approche. Plus la distance entre nous diminue, plus je songe à mes véritables capacités. Je n’ai pas besoin de me reposer sur des talents innés, sur une force colossale, des réflexes améliorés ou d’autres ressorts dus à mon sang. Cet art, celui du tir, il m’appartient. Je l’ai enjolivé à mon image.

Mon front goutte de sueur, témoigne d’une séance efficace. Je me referais bien quelque tirs, je chantonne en consultant ma montre. Plus d’une heure que je suis là…
Je range derrière moi en refaisant face au gérant de l’armurerie, et en optant pour un calibre cette fois plus léger. Ses yeux sont dédaigneux, comme d’habitude. Tous leurs yeux le sont.
Une paire d’escarpins rigide se distingue entre les cris des blocs de culasse. Un rythme que je reconnais et qui hérisse les poils de mon bouc. Elle gesticule comme la mort, froide, malaisante. Love.
Mes pupilles tournent vers ses guibolles qui filent en ligne droite à l’entrée du stand et mon dos se crispe à l'opposé.
Comme les enfants, je mine de ne pas reconnaître le monstre du placard. De cette manière, lui aussi, ne me verra pas.
Stratagème stupide, impossible de te louper, Barny. Tu t'es vu dans une glace ?   



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Ven 13 Juil - 19:56

just ice

 

hey love
where are you going ?


Elle ouvrit les yeux sur le jaune sale du plafond de son appartement, la couleur de son aurore. Elle avait laissé la fenêtre ouverte la nuit précédente, et Cosmopolis bourdonnait dans ses rideaux comme un nid de guêpes. Elle grinça des dents et se redressa sur le canapé, nue sous sa chemise en coton ; alla dans la cuisine, se rinça la bouche avec la fin d’une bouteille de vin qui traînait sur la paillasse et cracha dans l’évier. La montre à son poignet émettait un bip régulier, celui de son réveil, qu’elle éteignit d’un ordre ensommeillé en se déshabillant péniblement, avant de se diriger vers la salle de bain. Dès qu’elle alluma le jet de la douche, la radio se lança, récitant l’horoscope du jour. Elle se glissa sous la grêle froide que débitait l’installation vieille d’une trentaine d’années en attendant le tour des Poissons.
« ... aujourd’hui votre couleur porte-bonheur est le vert... »
Elle attrapa le coupe-ongles abandonné sur un support mural en plastique, et passa l’extrémité crochue de la lime sous ses ongles en murmurant les paroles d’une chanson populaire, tandis que l’eau frappait sa peau en trombes.  
« ... attention à d’éventuels désaccords avec vos collègues... »
Elle releva le menton, interrompant son geste ; reposa le coupe-ongles et récupéra un savon solide sans odeur qu’elle se passa sur le corps selon un rituel précis et chronométré.
Cinq minutes plus tard, elle mettait un pied sur le carrelage, les lèvres bleutées, et enfouissait son visage dans une serviette chaude. Elle resta comme ça un petit moment, dégoulinante mais confortable. Puis le froid la rattrapa, et elle se sécha proprement ; ouvrit son armoire à pharmacie, avala une pilule de magnésium et croqua une pastille de dentifrice. La radio crachotait toujours, par-dessus le brouhaha de la ville. Elle écouta avec attention les derniers ragots people en arrangeant ses cheveux et en gommant ses cernes avec un stick de fond de teint. Ils l’accompagnèrent dans son dressing, composé d’une dizaine de costumes identiques. Elle prit soin de choisir une cravate verte foncée, enfila une paire de talons. S’étudia un instant dans son miroir à pied.
Elle réajustait ses boutons de manchette quand sa montre clignota.
Pile dans les temps, pensa-t-elle, mais elle n’était jamais en retard - petit robot de chairs et d’os.
Elle traversa le salon d’un pas souple, récupérant en passant son uniforme sale de la veille, et le jeta dans une corbeille à linge qui attendait dans l’entrée ; glissa enfin son portefeuille dans la poche intérieure de sa veste, son revolver dans l’étui de sa ceinture et ses clés dans la serrure.
Elle fut au rez-de-chaussée de son immeuble en deux minutes. Le concierge l’attendait, derrière son journal. Elle lui abandonna la corbeille à linge, pleine, et trois billets. Il eut un soupir de dédain, elle eut un sourire d'excuse.
C’était encore un matin ordinaire dans la vie de Love, et elle n’avait dormi que quatre heures, et elle n'avait rêvé que d'une chose.

____________________________

Elle savait exactement où le trouver à cette heure-ci, car il avait les habitudes d’un animal blessé et que seule l’ombre la plus obscure le rassérénait. Elle se demandait si la nuit effaçait la couleur de sa peau ; s’il se prenait pour un homme, certains soirs, lorsqu’il était seul. Comme on joue à la poupée, comme on se crée un royaume pour la couronne.
Elle se demandait quels mots briseraient son rêve.
Mais était-ce son rêve ?
Elle y pensait en pénétrant le centre de tir, l’œil sur l’heure. La réunion matinale avait duré plus longtemps que d’habitude, et elle se sentait courbaturée. Elle s’étira avant de faire son plus beau sourire au vieux loup qui gardait la remise. Il haussa à peine un sourcil. Il préférait les blondes, avait-elle compris dès sa première année - mais il aimait avant tout les femmes et son apparent dédain n’était qu’une façade de papier qu’elle s’amusait chaque fois un peu plus à froisser. Lorsqu’il détourna les yeux, elle s’en désintéressa ; se reconcentra sur l’objet de sa visite.
Sans mot dire, elle s’approcha du stand de tir adjacent au sien et sortit de son porte-feuille une dizaine de tickets à gratter et une pièce en argent, un médaillon catholique. Son sou fétiche, le prix du passeur. Le poids de son âme.
Patiemment, elle attendit qu'il ôte son casque anti-bruit. Elle avait devant elle moins d'une heure, mais c'était plus que suffisant pour l'acculer là où elle le voulait.
Enfin, il se débarrassa de cette frontière illusoire entre sa peau à lui et sa haine à elle, et elle eut un sourire pour le saluer, elle eut un mot pour le mettre à genoux.

- Je me demandais, Mortimer, dit-elle simplement. Penses-tu être un homme ?

@mortimer Un peu long, pardon.
Awful
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Ven 13 Juil - 21:13
just ice
La poussière qu’il remue perce la luminosité des sèches ampoules scotchées aux murs.
Elles nous font tous baigner dans un gris de plâtre, une parfaite couleur qui embrasse deux extrémités. Et Papillon enveloppé de moucherons se font la guerre sur les courbes de plastique au plafond, autour d’une lumière électrique. Pour l’instant, le gargantuesque trépasse. Il est prit de court par la méchante ténacité d’une portion affamée et ennuyée.
Mes tympans se perdent plus haut quand ses ailerons frappent comme le tonnerre pour donner à notre peau cet aspect luisant où se posent les spores qu’il secrète, dans la lutte, dans la panique.
Ne perd pas, Papillon.

L’apathie nonchalante qu’il dévoile me transporte quelques dizaines de milliards de secondes en arrière. J’ai déjà vécu ce vide dans les yeux de quelqu’un. Ceux de ma mère.
Quand je te demande si nous sommes humains, que réponds-tu ?
Toujours rien. Tes mirettes s’éteignent sur la moquette.

Celui qui a mené le plus de bataille n’a pas amassé plus de victoires. En vérité, il aurait été préférable pour lui de ressortir infiniment perdant, mais sauf. Ainsi l’expérience lui aurait été favorable pour de plus grands combats.
À cet instant, je ne savais plus distinguer la criardise. Les balles qui fusent et rugissent où les mots tirés des fines lèvres de Marylin ? Un supplice sonore partout.
Son gabarit, face au mien, nous pétrissait une relation ridicule. La montagne face au serpent. Aussi, la montagne, si perchée en altitude fusse-t-elle, jamais n’eût l’occasion d’observer plus bas que le nez du serpent. Lui, le coup tendu vers le ciel, s’arrêtait à la grandeur de son chemin.
Je me demandais, Mortimer, penses-tu être un homme ?
Pourquoi maintenant, Love. Que cherches-tu ?
C’est Vendredi. Jour du Seigneur pour moi. Les flingues rient à ma place. Respirent à ma place. Chuchotent à ma place. Répondent à ma place.
Mes sens de Lyme et de Krärn s’affolent, à chaque fois que l’encombre m’habille. Mon ouïe s’affûte, et mon odorat. Mes dents grincent. L’univers se démultiplie et je fais mine de rester concentrer, en tamponnant mon front d’un chiffon en soie extirpé de ma poche.
Sans faire tomber mes sourcils en sa direction, je commande un calibre 9mm en un signe de doigts maladroit. L’arme basique.
J’examine cette tuerie une fois calée dans ma main la plus… normale. La droite, elle, me rappelle toujours que je n’appartiens à ce monde que partiellement.
Il est des combats que l’on mène continuellement.
En retrouvant ma place au stand, je laisse mon attention se perdre sur une nouvelle affiche s’époumonant en prenant du recul.
Je pense être vivant… C’est déjà ça.
Oui, rien que ça.
Marylin – aussi familièrement que je la nommais – était une jeune femme qui planifiait trois coups d’avance en prévision de son prochain mouvement. Et le coup d’après, et le coup plus tard. Elle ne laissait rien au hasard et pourtant ; lui-même nous avait amené à croiser dans un sens ainsi que dans l’autre, chemins.
Elle faisait partie de la majorité qui détestait devoir collaborer avec une race métisse et pour qui coffrer des aliens bâtissait un exutoire de renom. Du moins, la façon dont je l'avais assimilée.
Aussi jeune qu’elle l’était, elle devait allègrement apprécier pouvoir diriger à sa guise des vétérans de vie dans un monde de justice carnassière.
Se souciait-elle-même de la justice ?
De quoi se souciait-elle, réellement ? Elle qui semblait ne rien craindre.
Elle avait du caractère, digne d’une inspectrice, du genre dont il me manque.
En coinçant balles après balles dans un chargeur, je reprends, intrigué.
Vous vous êtes perdue inspectrice ? On ne vous voit pas souvent dans le coin.
Les habitués dirigeaient l’endroit. Elle n’était pas là par hasard.
Parle à mes flingues, Marylin.   


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Lun 16 Juil - 12:27

just ice

 

C’est au moment où il ouvrit la bouche pour lui répondre qu’elle eut l’air de se rendre compte qu’elle avait fait une erreur. Son visage se troubla ; elle fut prête à l’interrompre, avant qu’il ne puisse dire quoique ce soit, mais les mots avaient déjà franchi ses lèvres, et le pardon était inatteignable. Ses épaules retombèrent maladroitement.
Parce qu’elle ne trouvait pas la manière de dissiper le malentendu, elle parut soulagée qu’il lui demande, même ironiquement, ce qu’elle faisait en ces lieux.

- C’est vrai que je n’ai pas mis les pieds ici depuis longtemps, rit-elle, légèrement gênée. Je n’ai plus beaucoup le temps. Mais ça n’excuse rien, je devrais prendre exemple sur toi, me fixer un rendez-vous hebdomadaire.

Son regard se perdit à hauteur des cibles criblées de balles qui se trouvaient à l’autre bout de la pièce. Une pensée lui vint qui lui fit baisser les yeux.

- Je ne voulais pas te vexer, commença-t-elle. Je suis intimement persuadée que tu as le droit de te définir comme un homme ou un alien, ou les deux, ou tout autre chose, un sui generis object, si c’est ce que tu penses être. Ce n’est pas ce que je... Ecoute, si tu n’étais pas ce que tu es, tu ne serais pas un exemple aussi brillant de ce que le MIB a accompli de plus beau.

Elle eut un sourire encourageant, mais timide ; glissa une main sous sa veste et déposa en face de lui un dossier en papier kraft, sur lequel son nom était indiqué. Soudain son ton se fit plus secret.

- Je l’ai récupéré sur le bureau du directeur des opérations ce matin, avant qu’il ne le voie. C’est une plainte des ressources humaines signé par un certain Cactus. Ça parle de toi.

Elle fit une pause nerveuse, durant laquelle elle prit le temps de ranger les tickets à gratter qu’elle avait étalés devant elle dans son portefeuille, et son portefeuille dans sa poche intérieure. Le sou lui resta dans la main.

- Toi, et le district 12. Il demande une réévaluation de tes priorités, dit-elle. Ce qui est la manière alambiquée de demander si tu favoriserais une vie alien sur une vie humaine si tu étais amené à faire ce choix, ajouta-t-elle, plus hésitante.

Elle avait l’air mal à l’aise de rapporter la nouvelle. Empruntée, comme si elle n’avait pas l’habitude du reproche, qu’elle ne savait pas s’en distancier. Elle osait à peine le regarder. Ses doigts s’étaient resserrés autour du médaillon.

- Je ne suis pas venue te faire la morale. J’ai juste besoin que tu me dises que je n’ai pas besoin de m’inquiéter.

Que ce n’est qu’une erreur, qu’une rumeur vaine. Le fruit d’un esprit malin.

- Je me chargerais du reste, conclut-elle enfin.

Parce que tu détestes qu’on te court-circuite.
Tu détestes l’arrogance qu’il a fallu à Cactus pour rédiger ce rapport dans ton dos et s’attendre à ce que tu n’en entendes pas parler. Mais par-dessus tout, tu détestes le fait qu’il ait tenté de s’approprier cette joie ordinaire qui est de terroriser Mortimer.
C’est ton terrain de jeu - ton épiphanie quand un soupir suffit à faire trembler le canon de ses armes, à faire ployer la montagne. Chaque fois qu’il grogne, que sa peau rouge du vice de sa naissance frémit, c’est jour saint ; c’est vendredi. Tu t’es habituée à la douceur acidulée qui vient avec sa peine, parce qu’elle calme la tienne : celle que tu as à devoir tolérer dans tes rangs l’enfant de ton ennemi, la chiure vicelarde qu’il a abandonnée en ce monde.
Sur ta planète, ton arche de Noé.
Chaque balle que tire Mortimer est un clou dans son cercueil, car chacune te rappelle à ton rêve. Chacune ressemble à un boomerang, et c'est ton passe-temps d'imaginer que l'une d'entre elles revienne se loger dans son crâne. C'est ce à quoi tu penses lorsque tu lui récites la main sur le cœur qu'il peut être ce qu'il veut, à cette balle entre ses deux yeux.
@mortimer Si tu n'as pas envie de rebondir sur ça, je trouverais autre chose. En espérant que ça te plaise !
Awful
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Lun 16 Juil - 18:19
just ice
L’horreur est humaine. La nature a horreur du vide. Le vide est humain. L’humain est horreur. L’humain est vide ?
Qu’en est-il de moi ? Que suis-je, dans tout ça ?
Je veux bien être horrible, si ça me permet d’être humain.
Mais je le suis déjà, humain. En grande partie. En majorité. Qu’essaye-t-on de me faire croire ? Mon père je l’ai vu, je sais qui il est. De lui je tiens mon sevrage qui m’empêche de franchir la barrière génétique qui rend à l’animosité cosmique tous ses droits.
J’ai tenu dans ses doigts et la paume de sa main comme je tiens ce pistolet. Il m’a nourrit comme je gave de balles l’estomac de mon arme. Il m’a orienté sur le droit chemin, ce qui me pousse à cadrer sur le front de cette cible au loin.
Vous voulez me mentir ?
Je connais déjà le goût de la vérité, je sais la distinguer du mensonge.
La vérité c’est que je ne suis ni humain, ni alien.

Sui Generis.

Generis. Ca me fait penser à la genèse. Amusant. Adam vient du ciel. Les aliens viennent du ciel. Adam est un OVNI persuadé d’être un homme ? Eve, la femme qui lui rappelle ses origines.
Est-ce que je parle à Eve, maintenant ? Elle avait l’air aussi mielleuse dans ses paroles et hargneuse du regard, Eve, quand elle cajolait Adam de mots qui n’étaient sûrement pas les siens ? Quel serpent vous a piqué, Marylin ?
Non, j’oubliais, vous êtes le serpent.
Mes narines se dilatent au rythme de ses mots. Rien n’échappe à l’odorat d’un Krärn. De l’alcool, de bon matin ? Une senteur de vin écoulée sous une montagne de parfum pour femme. Ainsi donc on boit tôt le matin, inspectrice ? Chacun ses péchés, après tout.

Ses gestes sont mimés nerveux, je lève un sourcil. On continue de me prendre pour un imbécile, dans quel but précisément ?
Tu es différent mon chéri. Tu le seras toujours. Essaye de leur ressembler, mais reste toi-même. Ils te détesteront pour ça.
Maman, tu avais peut-être raison maman.
Tu avais toujours raison, maman.
Toi, et le district 12. Il demande une réévaluation de tes priorités […] tu favoriserais une vie alien sur une vie humaine si tu étais amené à faire ce choix.

BANG.
La cible explose, voltige, s’embrase et épouse le sol. Tu lui as fait la fête avec cette série de tirs, Barny. Dis-moi, à qui d’autres pourrais-tu t’en prendre, comme ça ?
Personne. Ce n’est pas une manière de régler les conflits.
L’arme est fumante comme une broche et sa brume audacieuse s’évapore sur le dossier qui retient mon attention. Je souffle sur le canon et l’odeur file jusqu’au visage de Marylin. En le feuilletant un peu, j’observe un rapport rédigé à la va vite. Aucun objet, aucune preuve. On s’en prend à une flétrissure trop parfaite, trop soignée. Le paysage n’est pas beau comme ça.  

Je me chargerais du reste
Vous devriez remettre ça où vous l’avez trouvé, inspectrice.

Ainsi donc on subtilise ce qui n’est pas à soi, inspectrice ?
- Je me ferai convoquer si besoin. Le directeur et moi avions d’ailleurs besoin d’une entrevue. Je reprends.

Un léger sourire ornait mon menton tandis que je rechargeais. Le mouvement conclut, je retirais mon casque intégralement. J’avais laissé une oreille de libre pour que la mauvaise nouvelle me parvienne. Enfin, je faisais face à ma supérieure, j’eus l’air de m’incliner face à sa petitesse, comme si je tendais la joue.
C’est marrant, ça me rappelle l’affaire Eagle. Je débutais. Vous devez vous en souvenir, la mission de l’inspecteur Eagle en 2015... Il se jette sur les traces d’une association d’Erogs qu’il a traqué des mois sans relâche après avoir reçu un document anonyme et des photos qui indiquent leur position. Il s’entoure d’une petite équipe et une fois la planque débusquée dans un entrepôt désaffecté en banlieue… Je souffle en rigolant doucement. Eh bien rien, personne. Le vide. L’agent Eagle se retrouve penaud avec son groupe et pourtant, il ne revient pas de cette mission, il « meurt au combat » même si aucune trace d’Erog n’a été retrouvée. Ses coéquipiers, eux ? Sains et saufs. J’ose plonger dans son regard brun. Le topaze de mes yeux semble la pénétrer. Vous n’êtes pas sans savoir qu’Eagle était l’un des seuls inspecteurs métis en charge d'un groupe humain à cette époque ?

Ma pensée ? Trouble et sévère. Un coup monté, bien sûr. Nombreux étaient les collègues qui ne supportaient pas qu’Eagle soit un métis passé inspecteur. Il a été tué ce soir-là. Le rapport qui le concernait témoignait d’une lutte contre quelques membres de l’association.
La jalousie, elle récidivait comme un terroriste.
Quelle horreur, n’est-ce pas ?
L’horreur est humaine. L’humain est horreur.
Je tiens plus à mon badge qu’à ma propre vie, inspectrice. Humain, alien, peu importe qui menace la politique de l’entreprise est une vermine à mes yeux.
Cette réponse lui suffisait-elle ? Soucieux de paraître crédible – car sincère, je lui tendais mon 9mm. Allait-elle l’empoigner et adhérer aux dires d’un être différent ?


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Mar 17 Juil - 11:19

just ice

 

Vous devriez remettre ça où vous l’avez trouvé, inspectrice.

Love rougit violemment à ces mots, comme grondée. Rapidement, elle voulut se confondre en excuses ; bafouilla un début de phrase à mi-voix, mais Mortimer était déjà passé à autre chose. Il lui racontait une histoire, celle d’un meurtre, et sa confusion se découpla. Elle connaissait cette affaire : rien ne la surprenait dans le discours de Mortimer, mais il le servait avec une telle provocation dans le regard qu’elle se sentit agressée. Il en parlait comme s’il la tenait pour coupable de cet acte, et à ce constat, le rouge de son visage s’approfondit encore. La honte d’être aussi pauvrement accusée d'un crime qu’elle n’avait pas commis.

Finalement, il lui tendit son arme comme en signe de salut, et Love eut un bref soupir de soulagement, et Love eut l’envie de l’utiliser contre lui.

Il l’insultait de plus de manières qu’il ne le pensait, et le rectifier allait lui prendre un certain temps, sans doute ; mais puisqu’il était si déterminé à rendre la conversation désagréable, elle se plierait à sa volonté. Elle se dit qu’elle ne repartait pas les mains vides, pas tout à fait.

Réfrénant le dégoût ordinaire que toucher quelque chose qui était sien lui inspirait, elle se saisit de l’arme, qu’elle observa en silence pour un petit moment, avant de reprendre la parole.

- C’est vrai que les métis et le MIB ont histoire compliquée. Mais ce n’est qu’une face de la pièce, tu ne trouves pas ? sourit-elle faiblement, encore un peu choquée. Par exemple, dit-elle et elle leva son médaillon à la hauteur de son visage. Si l’on considère que cette face est la menace quotidienne qui pèse sur ta vie, l’autre face... Elle tourna le médaillon entre ses doigts dans un geste expert. L’autre face, c’est le pouvoir que ta position unique te confère. Je ne parle pas de force décuplée ou d’invisibilité. Je parle de politique.

D’une main, elle rangea le médaillon dans l’une de ses poches ; de l’autre elle posa l’arme en face d’elle.

- Tu serais capable d’introduire une nouvelle ère pour les métis au sein de l’organisation, par la seule force de ton endurance. En toi-même, tu es un symbole, que tu en sois conscient ou pas, que tu le veuilles ou pas ; quelque chose à promouvoir, et j’espère que tu saisiras l’occasion de le faire. « Je tiens plus à mon badge qu’à ma propre vie, inspectrice. Humain, alien, peu importe qui menace la politique de l’entreprise est une vermine à mes yeux », hein ? C’est un peu rêche, mais je pense que ça suffira à convaincre le public. Je t’ai proposé comme intervenant pour le discours d’admission des nouvelles recrues qui aura lieu dans deux semaines.

Elle eut soudain un sursaut, puis un petit rire gêné.

- Oh, mais ne leur parle pas de l’affaire Eagle par contre. C’est un sujet sensible chez les hautes sphères.

Sur ce, elle enleva ses talons et récupéra le dossier en papier kraft. Puis elle appela la cible de son stand de tir, qu’elle remplaça ensuite avec le dossier, délaissant la cible sur le stand de tir adjacent. Elle renvoya enfin le rail à l’autre bout de la pièce.

- Il y a quelque chose qui me gêne, avoua-t-elle après un silence. J’ai l’impression que tu te trompes d’ennemi.

Elle manipula rapidement l’arme, pour se familiariser avec, comme elle avait l’habitude de le faire chaque fois qu’elle s’apprêtait à tirer.

- Si... Elle fronça les sourcils et se pinça les lèvres. Admettons... Admettons que je veuille te nuire. Que je sois de ceux qui avaient une dent contre Eagle.

Elle récupéra le casque antibruit que fournissait son stand de tir et le passa autour de son cou.

- Ce n’est pas comme ça que je m’y serais prise. Le ton de sa voix avait légèrement changé : il y perçait une pointe de condescendance. C’est du travail d’amateur, murmura-t-elle, comme pour elle-même ; puis elle ajouta, à plus haute voix, dans un sourire crispé :  Et je n’ai pas aussi peu d’ambition.

Sur ces mots, elle glissa le casque antibruit sur ses oreilles, se mit en position de tir et vida le chargeur sur le dossier en papier kraft. Elle trouva un certain plaisir à cribler de balles sous les yeux de Mortimer quelque chose qui portait son nom, mais elle réfréna tout élan de joie, car il aurait été malvenu ; se contenta, une fois le dossier détruit, de lui adresser une moue embarrassée et de s’excuser :

- Je suppose que je suis un peu rouillée, j’en ai mis une à côté, bafouilla-t-elle en rappelant sa cible improvisée à elle.
@mortimer bim bam boum
Awful
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