Année 1983, David, Derrick et Dustin, passionnés par la science-fiction et la pop culture, décident d'envoyer un message dans l'espace grâce à un ordinateur sophistiqué depuis leur petit garage à Cosmopolis, dans le Connecticut. Puis c'est parti en couille.Plus de trente ans après, grâce aux exploits informatiques des "3D" (pour "Three Dicks"), les aliens foulent enfin le sol terrestre ! Mais à quel prix ? C'était à l'époque une simple passion. Ni femme, ni emploi, David, Derrick et Dustin ont passé le plus clair de leur temps (et leur vie) à étudier l'espace et la possibilité de la vie ailleurs que sur notre belle planète. Sans diplômes ou certificats, ils se contentent de concevoir des ordinateurs et autres softwares chez eux dans le seul intérêt d'envoyer un message au-delà de la surface terrestre. Ils l'ont appelé Code Cosmo en hommage à leur ville chérie (c'est faux, ils n'ont juste aucune imagination), Cosmopolis.
MERCI DE FAVORISER EURÊKA
dabberblimp"



 

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bleeding out (for you) — caem & jaemin

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Lun 27 Aoû - 1:24

bleeding out (for you).

♡♡♡ + musique

Il est 21:33 quand tu quittes enfin l'enceinte du MIB. Encore une fois, tu as fait des heures supp’. Une journée un peu plus mouvementée que prévu, un rapport à terminer, et comme du sable entre tes doigts, le temps file ; et toi, tu le laisses filer, indifférent à son écoulement continu. Ces minutes qui s’égrènent, tu préfères les dédier à une tâche utile qu’au désœuvrement qui t’attend une fois passé la porte de ton appartement.

Certains diront que tu ne sais pas t’amuser, Jaemin, et ils auront raison.

À 21:55, tu entre le code de l’immeuble, et à 21:56 l’ascenseur s’arrête à ton étage. Mais au lieu de sortir aussitôt, tu restes figé plusieurs secondes devant l’image qui s’imprime sur ta rétine. Tu n’es pourtant pas homme à trembler pour quelques gouttes de sang, ni mêmes quelques litres. Mais le blessé qui se tient appuyé contre le mur, face à toi, les vêtements cramoisis de liquide vital, a des traits bien trop familiers pour que tu restes de marbre.

C’est infime, presque insaisissable, mais l’espace d’un instant tes épaules se tendent imperceptiblement, tes yeux s’assombrissent et ta bouche tressaille. De choc ? D’inquiétude ? Ou bien un savant mélange des deux, peut-être ?

Alors que les portes de l’ascenseur commencent à se refermer, tu finis par réagir, les bloquant d’un geste brusque de la main. Les sourcils froncés, l’expression indéchiffrable, tu t’approches du jeune homme. D’un regard scrutateur, consciencieux, tu passes en revue toutes les plaies apparentes.

Tu réalises avec soulagement que le sang qui le recouvre n’est pas uniquement le sien. Tu n’es pas médecin, mais tu ne penses pas qu’il soit en danger de mort, pas dans l'immédiat.

Surtout, tu espères qu’il ne l’est pas, mais tu es trop prudent pour prendre le moindre risque. Trop effrayé aussi, par l'idée que tu refuses de laisser effleurer ton esprit.

— Je t'emmène à l'hôpital, déclares-tu d'un ton qui n'invite pas à la discussion, et tu l'attrapes par le bras, fermement mais sans violence, pour l'entraîner avec toi. Tu n'y mets pas beaucoup de force, car tu ne t'attends pas à ce qu'il résiste.


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Caem
ROTT
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Lun 27 Aoû - 3:44
Rouge, rouge, rouge.
Il ne voit plus que du rouge. Sur le sol là où ses pieds se sont posés, des empreintes indélébiles qui trahissent. Sur sa peau là où sa peau s'est déchirée, ouverte et béante, à accepter la mort en son sein. Devant ses yeux, pareil à une fumée, l'enveloppant dès que ses lippes s'entrouvrent pour laisser s'échapper des sons douloureux.
Sa voix est rouge.

Caem s'avance, traîne sa carcasse, s'échoue pitoyablement dès qu'il a atteint son objectif. Il ne sait pas, s'il est là, s'il répondra, s'il lui tendra la main ; mais peu importe, il appuie tout de même sur la sonnette. Une fois. Deux fois. Trois fois. Puis il abandonne. Jaemin est absent - ou occupé, par quelque chose de plus intéressant que lui, plus important. Il comprend. Il comprend, même si ça lui écorche le coeur.

Son dos s'écrase, brutalement, contre le mur et il patiente. Il l'attendra, jusqu'au matin si nécessaire, parce qu'il n'a pas le choix. Parce qu'il veut le voir, aussi. Il a mal, il a mal, il a mal. Mais ses yeux sont secs ; il n'a plus de larme à donner pour sa douleur physique.
Sa main s'égare sur son visage, sale et poisseux du liquide carmin, empirant alors son état d'une légère entaille, sur sa pommette. Il n'y réagit pas. Mais il soupire, doucement, lorsque le soulagement l'envahit : il s'est débarrassé de son masque, à temps, car les portes de l'ascenceur s'ouvrent.

Le temps semble se suspendre ; pour l'un comme pour l'autre.
Caem le contemple, difficilement car ses paupières se font lourdes, tant de fatigue qu'à cause du sang séché qui les maquille. Il a envie de sourire, de l'accueillir chaleureusement, mais il a peur de se briser en un millier de copeaux vermeils au moindre mouvement.
Jaemin s'avance vers lui, après un temps indéfini, et sa vision se teint d'un gris proche des nuages annonçant l'orage. Il ne s'en effraie pas, au contraire, sa commissure épargnée s'étire dans l'esquisse d'un sourire.

Sa main s'abat sur son poignet et s'il oublie de réagir sur l'instant, les paroles prononcées le font sursauter, perdre son calme, battre son coeur à un rythme déconseillé.
Son regard rose - de framboise, de cerise, de bonbon - s'attarde sur le contact direct avec son épiderme maudite en laquelle il n'a aucune confiance. Que faire, que faire, que faire. Il risque de le blesser. Il risque de le réduire en manteau rouge ; ce même manteau qu'il a porté lors de ses retrouvailles avec sa tendre mère. Et Caem refuse de lui faire subir ce même traitement, alors il se dérobe à son emprise, pourtant si douce, pourtant si désirée.

Il ne fait qu'un, peut-être deux, pas en arrière avant que ses membres ne tressaillent tant qu'il soit incapable d'en faire davantage. Son épaule vient s'appuyer sur le mur le plus proche et il s'entoure, si faiblement, de ses bras dans une tentative de se créer un cocon.
L'hôpital... non. C'est rien, juste besoin de dormir. Juste une sieste, une douche, et ce sera un souvenir. Du passé.
Sa propre voix lui apparaît, entre le rouge et le rose, faible mais emprunte de fortes émotions, qui font fuir son regard à défaut de pouvoir s'éclipser. Il n'attend pas de réponse, par peur d'essuyer un refus, et se traîne péniblement jusqu'à la bonne porte contre laquelle il soupire. C'est douloureux. Mais ce ne sera bientôt plus qu'un souvenir - ce sera vite oublié.

Un regard en arrière, qui se dévoile entre deux mèches, qui supplie en silence.


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Lun 27 Aoû - 6:54

bleeding out (for you).

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Tu es déjà en train de faire un pas pour retourner vers l’ascenseur, mais Caem ne suit pas le mouvement. Ses doigts glissent entre les tiens, ils t’échappent ; comme la situation, lorsqu’il refuse l’hôpital, avec ses mots qui tentent de te rassurer, sans doute, mais ne font que t’accabler encore plus.

Il tremble presque, il tient à peine debout, tu le vois bien. Et tu le sais bien, qu’une bonne nuit de sommeil ne suffira pas à guérir ses blessures. Tu n’es pas naïf à ce point, et c’est lui qui l’est s’il a cru pouvoir te tromper avec ses paroles.

Ne dis pas de bêtises. Il te faut un médecin. C’est ce que tu t’apprêtes à dire.

Mais tes yeux gris ont le malheur de rencontrer ses perles rosées, et alors, il y a cette prière muette dans son regard, qui a tellement plus de sens que n’importe quels mots. Et tu dérailles, tu dérapes dans des émotions que tu n’as pas l’habitude de ressentir.

Non, rectification ; que tu n’as plus l’habitude de ressentir.

Alors tu fuis, tu regardes ailleurs, mais le mal est fait.

— D’accord, t’entends-tu répondre, et voilà que tu tournes la clé dans la serrure. C’est stupide, ce que tu es en train de faire, tu en as parfaitement conscience. C’est complètement contraire à ce que te crient ta logique et ton bon sens. Ah, c’est facile de mépriser les humains qui se laissent emporter par leurs sentiments, lorsqu’on ne ressent rien, mais il suffit que tu te trouves à leur place un instant et c’est une autre histoire, Jaemin.

Te maudissant intérieurement pour ce choix que tu vas regretter, tu en certain, tu passes un bras sous celui de Caem pour le soutenir (tu ne penses pas qu’il puisse marcher seul) et vous entrez dans l’appartement. Il y fait noir et froid, comme dans une morgue. Tu chasses cette pensée morbide ; tu vois trop de cadavres, ces jours-ci. De ta main libre, celle qui tient les clés, tu tâtonnes quelques secondes à la recherche de l’interrupteur. La pièce s’éclaire. C'est un salon tout ce qu’il y a de plus banal, ordonné. Trop ordonné. On dirait une brochure immobilière. À croire que personne ne vit là.

Jusqu’à ce qu’un miaulement se fasse entendre et qu’un chat vienne se frotter contre ta jambe. Ah. Tu l’avais oublié, celui-là. Toujours là pour t’emmerder. Tu aurais dû le chasser depuis longtemps. Tu ne sais même pas ce qu’il fait encore là ; tu l’ignores la plupart du temps, tu n’es pas souvent là, tu ne le nourris pas à heure fixe. Mais pour une raison mystérieuse, il reste.

Un peu comme Caem.

Caem, qui as trop besoin de toi maintenant pour que accordes ne serait-ce qu'une seconde à quelque chose d'autre. Tu repousses du pied le félin, sans douceur mais sans violence, et il détale aussitôt.

Sans lui demander son avis, tu entraînes le blessé jusqu’au sofa pour l’y asseoir.

— Ne bouge pas, lances-tu en t’éloignant vers le couloir.

Dans le placard de la salle de bain, tu récupères ta trousse de secours. En passant devant le miroir, tu aperçois un instant ton reflet. Tes vêtements sont tâchés de sang eux aussi, à présent ; et tes yeux hagards évoquent ceux d’un chien perdu.

Tu as l’air pitoyable.
Tu as aussi l’air humain, mais ça, tu n’en as pas conscience.

De retour dans le salon, tu t’assieds à ton tour sur le canapé. Si Caem refuse de se faire soigner par un professionnel, soit ; tu le feras à sa place.

— Enlève ta chemise. Je dois voir tes plaies pour les désinfecter.

Tu es si froid, Jaemin, si dur. Ne pourrais-tu pas t’adoucir ? Il faut croire que non, que tu as passé trop d’années à tailler chacun de tes angles en pointes meurtrières, pour pouvoir aujourd’hui les polir à nouveau en courbes gracieuses.


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Caem
ROTT
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Lun 27 Aoû - 16:47
Le rouge s'efface,
à son plus grand bonheur, pour être remplacé par les teintes froides qui entourent Jae, celles qui le constituent de haut en bas, de bas en haut. Des nuances de gris ; certaines plus claires, certaines plus foncées. Des couleurs que Caem a appris à aimer, de la même façon que son coeur palpite de joie chaque fois qu'il croise le regard d'acier.
Si heureux d'être là, en vie.

Ses lèvres se pincent, douloureuses mais envieuses d'un sourire pour exprimer son contentement. Son caprice a été accepté. Un de plus à sa longue liste ; il en est ravi, que ce soit cet homme qui l'accepte, même s'il n'y a pas l'ombre d'un sourire sur ses lippes, à lui. Il n'y a que la mort, et la désolation. Ca l'attriste, Caem, de constater qu'il n'y a que du gris - partout, qu'il constate lorsqu'il pénètre dans son sanctuaire.

Il se fait docile, à présent. Il n'y a plus de raison pour lui d'être désobéissant. Être là lui plaît. Mais, dès qu'il se pose sur le sofa, son coeur tambourine pour écrire une mélodie dissonante. Ses couleurs s'étalent et recouvrent ce qui ne lui appartient pas. Il salit. Il souille. Mais il ne peut se relever ; Jae lui a dit de ne pas bouger. Alors il essaie de se faire plus petit, de disparaître dans sa bulle rougeâtre, de cesser d'exister un simple instant.

Toutefois, une vague colorée entre dans son champ de vision - au même instant qu'un doux son lui parvient. Une discordance qui ne manque pas de le faire réagir. Ses yeux tombent aussitôt sur la boule de poil qui, de sa courte fourrure noire et blanche, s'harmonisent au décor. Sa voix en est toute autre, qu'il constate lorsqu'il miaule à nouveau, et ses petites pattes bougent pour s'avancer vers lui.

Mais Caem s'effraie.

Même si le désir de faire courir ses doigts dans son doux pelage lui étreint le coeur, il sait que c'est une action qui lui est impossible. Inconcevable. Car il sait que ses doigts se feraient lames et raseraient les poils. Il emprisonne sa lèvre inférieure entre ses dents, cherchant à s'éloigner, à fuir l'animal avant que son sang ne vienne tâcher l'environnement ; ne vienne offrir des couleurs là où il ne doit pas y en avoir.

Le retour de Jae se fait à point nommé, ses pas proches du chat le faisant déguerpir avant que l'idée de venir s'échouer sur les genoux de Caem ne lui effleure l'esprit ; et il en est terriblement soulagé. Presque cruellement. Ses gestes suivant se font mécaniques, bien que tremblants, et sa chemise tombe bien vite de ses épaules. Elle laisse alors amplement découvrir l'étendue des dégâts ; d'un passé lointain comme proche.

Ses vieilles coupures, maquillées d'un trait plus clair, se font nombreuses et s'éparpillent sur son épiderme blanche. Il ne s'en formalise pas - s'il n'accepterait pas de laisser quiconque le voir sans son armure, sa carapace, son bouclier, Jaemin se place là où il n'est pas considéré comme n'importe qui. Lui, il peut. Le seul à pouvoir regarder, contempler ses blessures, nouvelles comme vieilles, et y toucher sans la menace volontaire d'y perdre les doigts.

Fais attention.. à toi

Il s'en voudrait éternellement s'il venait à le blesser. Lui qui accepte son existence. Qui se présente plus sincère que le plus beau des sourires par sa simple présence. Plus qu'à un autre, Caem lui voue une confiance absolue et remet volontiers sa vie entre ses mains. Il n'a pas peur d'être blessé ; pas par Jae. Jamais par Jae. Alors il accepte les prochaines douleurs sans broncher, les yeux clos, concentré à ne pas laisser sa peau devenir lame.

Il ne veut pas voir de couleur dans cet endroit immaculé.


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Lun 27 Aoû - 20:58

bleeding out (for you).

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Une kyrielle d’entailles, d’ecchymoses variées se dévoilent ; elles décorent si bien la peau de Caem de leurs rouges, de leurs violets, de leurs bleus, qu’il ne reste presque plus de blanc. En revanche, tu devines que l’artiste qui a peint cette toile à coups de pinceaux ardents ne savait pas s’y prendre, car il n’a laissé que des plaies peu profondes, loin d’être fatales bien qu’innombrables.

Et voilà que ton regard s’attarde sur les plus larges, et soudain tu deviens colère et tes sourcils se froncent. Si tu l’avais en face de toi, l’auteur de ces méfaits, je ne donnerais pas cher de sa peau.

Tu entends Caem te mettre en garde, mais tu ne l’écoutes pas. Tu connais bien les risques pourtant. Tu as pu les voir de près, quand il ne savait pas encore contrôler ses lames. Mais tu n’as pas peur de t’y couper. Tu sais qu’il ne te veut pas de mal, et si par accident ton sang devait se mêler au sien, cela te serait bien égal.

La détresse te rend imprudent, Jaemin.

Tu commences par sortir une compresse de la trousse, que tu imbibes d’alcool à désinfecter. Puis tu revois l’étendue des ravages et finalement, tu attrapes la bouteille pour verser directement son contenu sur la peau meurtrie. Avec toi, pas d’avertissement, pas de « attention, ça pique ». De toute façon, qu’est-ce que ça change ?

L’une après l’autre, tu nettoies chaque plaie consciencieusement avec la compresse. Tu ne fais preuve ni de douceur ni de brusquerie. Aucun mot ne franchit la barrière de tes lèvres, scellées dans l’expression d’une intense concentration. Tu as l’impression que si tu ouvres la bouche, tu perdras le calme que tu as réussi tant bien que mal à conserver jusqu’ici.

Alors tu ne dis rien, tu rafistoles en silence les déchirures de sa chair, tu les entoures de bandages, et seulement lorsque tu estimes ton travail terminé, lorsque tu finis de ranger tout ce que tu as sorti, seulement alors tu finis par briser le silence.

— Voilà. Tu peux dormir maintenant.

Tu n’as même pas le regard tourné dans sa direction, car c'est plus simple ainsi. Tu risques moins d’ébranler les remparts qui te protègent.

Comment est-ce que tu en es arrivé là, Jaemin ?

Tu t'étais promis pourtant, de ne plus laisser cela arriver. De ne plus laisser quelqu'un compter pour toi. De ne plus laisser quelqu'un te faire souffrir.

Où est-ce que t'as merdé, bon sang ?

Tes doigts se sont crispés sur la trousse de secours, à t'en faire blanchir les jointures. Tu les dessers. De ta poche de veste, tu sors ton paquet de cigarettes.

— Je vais fumer sur le balcon, annonces-tu en te levant.

Pas parce que tu souhaites t'éloigner, mais parce que tu ne veux pas empoisonner de ta fumée l'air qu'il respire. Encore une preuve de la place beaucoup trop grande qu'a pris ce garçon dans ta vie ; que tu le veuilles, ou non.


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Caem
ROTT
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Mar 28 Aoû - 2:51
Caem serre les dents.
Il n'y a pas grand-chose d'autre à faire, pour lui, que d'endurer, encaisser l'attaque piquante de l'alcool qui s'écoule sur ses plaies, pénètre sa chair et brûle tout sur son passage. Le silence qui suit lui est confortable, presqu'agréable, s'il n'était pas brisé par sa seule respiration. Hachée, bruyante, entrecoupée de geignements. Ses doigts s'agrippent fermement au sofa, plongeant malencontreusement dedans par quelques instants d'inattention qui rendent son épiderme plus tranchante qu'un couteau aiguisé.

Si le temps lui paraît long, son soulagement n'est que plus grand lorsque les mains expertes de Jaemin terminent de l'habiller de traits blancs. Il en soupire doucement, ses muscles se détendant dans le même temps, mais sa tête reste basse.
Il n'ose pas lever les yeux, se confronter à son sauveur - sauveur d'un jour, sauveur toujours. Ne cessera-t-il donc jamais d'avoir besoin de son aide ? Mais son coeur sourit ; parce que l'homme répond toujours à ses appels de détresse. Toujours.

Sa voix se fait grise, si grise qu'il aurait pu la confondre avec une simple fumée, comme celle qui ne tarderait pas à s'échapper de ses lippes, à en juger par le paquet tenu entre ces doigts : ceux qui viennent de le sauver, à nouveau.
Seulement, lorsqu'il contemple son dos, celui-ci même qui s'éloigne, il lui semble que son âme se noie dans des larmes qu'il ne peut plus verser. Caem prend sur lui et ne s'élance pas à sa poursuite, malgré l'envie forte de bondir à sa suite. Il essaie d'être docile, de ne pas causer plus d'ennui...

Avant d'oser poser sa carcasse dans un coin pour le restant de la nuit, il se lève pour rejoindre la salle d'eau et allume le robinet. L'eau coule, coule et s'écoule. Mais son regard, d'un rose pur, emprunté aux pétales de cerisier, lui paraît à cet instant venir d'un démon, de ceux qui ne peuvent œuvrer pour le bien (mais qu'est-ce que le bien, qu'est-ce que le mal).
L'image que lui renvoie le miroir lui déplaît et cela lui demande un effort pour s'en détacher. Il s'affaire alors à nettoyer le sang qui maquille encore ses paupières, son front, son nez. Ce ne sont que des tâches, mais la différence est grande lorsque sa peau redevient immaculée. Il n'y a plus que ces grandes perles, qui un jour ont été d'une couleur banale - un jour qui lui est impossible de se souvenir, tant il remonte dans sa mémoire.

Plus présentable, moins salissant (moins souillé), Caem peut prétendre à occuper un espace dans lequel se reposer. Tout du moins, tel est son objectif lorsqu'il déserte la salle d'eau et retourne dans le salon. Il change d'avis devant le grand espace. Si grand et si vide. Ça l'effraie, Caem.
Il ne veut plus être seul.
Ses pas se font légers, feutrés, dans son hésitation à déranger l'agent dans son temps de repos - de le déranger encore, davantage, comme toujours. Mais c'est plus fort que lui, alors il ose ouvrir la porte-fenêtre et mettre un pied sur le balcon, puis deux. Sa peau, en grande majorité découverte, se couvre aussitôt de chair de pouls. L'air est froid, mais il en soupire de bien-être ; ou est-ce de soulagement d'être à nouveau près de Jaemin ?

Je.. n'ai pas sommeil. Je peux rester debout, encore un peu ?

C'est un mensonge, de ceux qui ne blessent pas, empli d'innocence, de candeur, d'envie. Et il n'ose toujours pas, cela dit, le regarder ; ce n'est pas l'envie qui lui manque, bien au contraire. L'une de ses passions est d'admirer cet homme, celui auquel il aimerait tant ressembler un jour (quand il sera grand, dit-il encore), à tel point que sa coiffure lui ressemble malgré ses mèches ondulées.
Il s'avance encore un peu, inspirant à plein poumon cet air frais qui le glace intérieurement de la plus délicieuse des façons, maintenant ses pieds sur terre et les rennes du contrôle entre ses mains. Celles-ci même qu'il pose à plat sur la barrière du balcon, observant la vue qui lui est offerte, mais son attention repose toujours sur Jaemin, à son côté. Puis la question lui brûle les lèvres, trop pour qu'il puisse la retenir :

Tu ne vas pas me demander ?...

Lui demander ce qu'il a bien pu faire, pour en arriver à un tel point, finir écorché vif, à danser sur la corde de la mort.



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Mar 28 Aoû - 5:32

bleeding out (for you).

♡♡♡ + musique

Les coudes appuyés sur le rebord du balcon, tu inspires avidement la fumée de ta cigarette. Parfois, c’est la seule chose qui puisse te calmer, apaiser le volcan en activité qui sommeille en ton sein et menace de cracher à tout moment sa haine ardente. Ce soir, pourtant, même la nicotine ne te fais pas grand effet. C’est presque pire depuis que tu as quitté le salon, car tu es seul.

Seul avec tes pensées.

L’image de Caem se vidant doucement de son sang sur ton palier ne semble pas vouloir les quitter. Et s’il avait été plus gravement blessé ? Et si tu étais rentré plus tard, ou que tu n’étais pas rentré du tout ?

Qu’est-ce que tu aurais fait ?

Avec un soupir, tu fermes les yeux et appuies ta tête sur ta main gauche, te frottant les tempes comme pour chasser ces idées sombres. Ça ne sert à rien de penser à tout ça. Caem va bien. Il va rester dormir là pour ce soir, et puis demain il s’en ira. Et quelques jours, ou quelques semaines plus tard, il reviendra te voir. Il revient toujours. Il ne lui arrivera rien. Il est assez grand pour se débrouiller, et bordel, il peut transformer sa peau en lames de rasoirs. Aucune personne sensée ne viendrait chercher des ennuis à un gars comme ça.

Mais des gens insensés, Jaemin, il y en a plein les rues. Tu en croises tous les jours. Hell, tu travailles avec des gens insensés. Il a beau avoir une aptitude hors du commun, Caem reste un être humain, et donc, par définition, fragile. Tu ne le sais que trop bien. C’est exactement la raison pour laquelle tu ne devrais pas t’attacher à leurs vies, pour laquelle tu ne veux pas t’attacher à leurs vies. À aucune vie.

— Fuck, lâches-tu à voix basse.

C’est alors que tu entends quelqu’un s’approcher derrière toi. Aussitôt, tu relèves la tête, tu redresses les épaules ; tu refuses que quiconque soit témoin de ta faiblesse honteuse, et lui encore moins que d’autres.

À la question innocente, tu réponds simplement d’un signe de la tête. Tu ne te retournes pas pour croiser à nouveau son regard, non, tu laisses entre vous cette distance intangible qui n’est pas seulement physique. Cette distance, c’est ta sécurité, c’est ton gilet de sauvetage dans la tempête qui te malmène. Tu exprimes si peu, Jaemin, et tu mens si bien, même à toi-même, mais tu ressens bel et bien ; tu ressens la haine, et la peur, et la colère et la douleur.

Et quand tu entends cette voix hésitante, celle de l’enfant aux boucles noirs qui sans que tu saches pourquoi, semble chercher encore ta compagnie, quand tu l’entends cette voix-là ; oh, tu ressens. Tu ne sais pas ce que c’est. Tu ne sais pas si c’est bon ou mauvais, si c’est agréable ou douloureux ou tout cela à la fois, mais c’est là. Ça n’a pas sa place ici, tu voudrais bien t’en débarrasser, mais c’est là. Tu n’y peux rien.

— Non.

Un temps ; celui d'inspirer une bouffée de cigarette, et de la recracher dans l'air nocturne de Cosmopolis, vers le ciel où aucune étoile n'est visible car les néons les éclipsent et les bâtiments les cachent.

— C'est ta vie. Tu n'es pas obligé de m'en parler.

Oh, Jaemin, ce que tu choisis mal tes mots. Tu voudrais savoir, bien sûr que tu voudrais savoir ce qui s'est passé, ce qui a bien pu le mettre dans un tel état. Mais tu es trop... trop fier, trop idiot peut-être, pour avouer que tu te soucies de lui.

Tu écrases ton mégot sur la rambarde du balcon, et tu le balances dans le vide.

— On rentre. Il fait trop froid ici.

Tu ne frissonnes, pourtant, sous la veste noire et la chemise blanche de ton costume. Non, mais le garçon à tes côtés, lui, a la chair de poule. Tu aurais l'air malin s'il tombait malade par dessus le marché. L'air inquiet, aussi.

Alors tu retournes à l'intérieur et tu attends qu'il t'ait suivi avant de refermer la porte-fenêtre qui mène au balcon.

Ton regard tombe sur le sofa. Il est ruiné. Tant pis ; tu ne l'aimais pas vraiment de toute façon, comme la plus grande partie du mobilier de cet appartement. Puis tu te rappelles que tes vêtements ont été tachés eux aussi. Tu baisses les yeux pour évaluer les dégâts.

Encore une chemise bonne à jeter.

— Attends. Je reviens.

Une fois de plus, tu l'abandonnes. Pas plus de quelques minutes, cependant, juste le temps qu'il te faut pour te débarrasser de tes habits ensanglantés, passer un peu d'eau sur tes mains rougies et enfiler une chemise propre. Dans l'idéal, tu devrais prendre une douche, mais tu décides de la remettre à demain. Tu n'en as pas le courage.  Tu penses aussi à prendre quelque chose pour Caem, mais tu rejettes bien vite cette idée ; tu doutes qu'il rentre dans quoi que ce soit t'appartenant.

De retour sur tes pas, tu t'arrêtes à quelques mètres de Caem, et pour la première fois depuis que vous avez mis le pied dans ta demeure tout à l'heure, tu le regardes dans les yeux. Ces yeux à la couleur si particulière.

Unique.

Tu voudrais dire quelque chose, sans savoir quels mots employer, sans savoir vraiment quoi, alors tu abandonnes. À la place, tu détournes le regard, et tu exhales un soupir à peine audible.

— Qu'est-ce que tu ferais sans moi, Caem ?

Et toi, Jaemin, qu'est-ce que tu ferais sans lui ?


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Caem
ROTT
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Mar 28 Aoû - 19:47
Il sourit.
Silencieux, dans ses mensonges, à ne pas avoir à dévoiler cette hideuse part de lui-même. Caem ne sait pas ce que son sauveur pourrait penser de lui, s'il savait, qu'il joue souvent de l'arme létale qu'il représente. Qu'il est. Il connait son occupation, à décimer ces êtres venus d'ailleurs, dangereuses créatures qui s'en sont prises à lui ; elles lui ont tout volé. Sa famille, son enfance, son innocence. Et bien au-delà.
Et lui, sous son masque canin, vole la voix des gens, pour les faire taire éternellement.

Il ne lui a jamais parlé du jour où sa route a recroisé celle de sa mère. La première personne à qui il a fait goûter au tranchant de sa peau. Aurait-il dû ? Devrait-il profiter de cet instant pour se confier ? Mais l'idée l'effraie ; tant et si bien qu'il en frissonne plus que de froid, c'est l'effroi soudain qui le rend muet.
Que ferait-il si Jaemin venait à être l'une de ces voix, celles qu'il cherche à éteindre, afin de ne plus entendre ces mots qui poignardent violemment son coeur ? Il serait incapable de vouloir faire cesser ce gris qui danse devant ses yeux, cette vague dans laquelle il nagerait avec plaisir ; à la place, il préférerait mettre fin à son propre rouge.

Caem ne voulait pas rentrer ; pas tout de suite.
Comment cacher les frissons qui parcourent son corps si l'air frais ne peut plus être accusé ?
Finalement, Jaemin efface sa présence et l'enfant se retrouve seul, pile ce qu'il lui fallait, pour remettre de l'ordre dans ses pensées et mettre fin au tourment qui le fait légèrement trembler. Les mains sur ses bras, il se frictionne, priant pour qu'un peu de chaleur le calme ; sans grand succès, mais ses frémissements deviennent quasiment imperceptibles lorsque son hôte revient.

Yeux dans les yeux, il ne sait que dire, que faire. Il a été obéissant, il n'a pas bougé, il a été sage. Mais ce qu'il devine dans les orbes grises - semblables à des morceaux de lune qu'on verrait dans le reflet d'un lac - ne le rassure pas, il s'en agite, se tient sur un pied puis sur l'autre.
Le contact se romp. C'est soudain, comme s'il venait de lâcher la corde retenant la guillotine, et elle s'abat sans prévention sur la nuque de Caem. Parce que les mots sont entendus, dans le silence de l'appartement, où il n'y a que leurs souffles à écouter.

Plutôt qu'être fidèle à cette image mentale, les couleurs ne quittent pas subitement son visage ; au contraire, elles y affluent. Caem s'empourpre violemment d'une honte intense qui lui retourne l'estomac et pique ses yeux de larmes naissantes.
La vague supposément colorée, représentant la voix de Jaemin, était noire. Il ne veut pas voir ça, il ne veut pas entendre ça, il ne veut pas, oh non. Il ne veut pas de ça. Il attrape entre ses doigts des pans de son pantalon, serrant le tissu et le tordant. Son regard fuit, mais il ne sait pas où fuir, il se perd.

Je... serais toujours enfermé ? (Sa voix vacille, mais il continue, cherchant les bons mots, à expliquer ses raisons de venir à lui, toujours.) Probablement mort. Probablement vendu, ailleurs, encore. (Il soupire doucement, d'un souffle chevrotant, et relève les yeux vers lui.) Je sais pas, ce que je ferais sans toi, mais je veux pas savoir.

Il y a des non-dits, à la fin, mais sa voix se brise et il hoquète faiblement, alors il scelle ses lèvres. Il se les mord. De son regard, le reste est dit ; Caem ne veut pas avoir à vivre sans lui, parce qu'il ne pourrait simplement pas. Il a besoin de lui. Alors il prie, oh, il prie pour qu'il ne soit pas abandonné. Encore une fois. Son coeur ne le supporterait pas.
Une pensée folle lui traverse l'esprit et c'est une lueur de panique, de terreur, qui s'invite dans ses prunelles humides. Ses lèvres tremblent ; peut-il oser demander une telle chose. La réponse pourrait le briser à jamais, l'anéantir en une fraction de seconde, mais son silence ne dure pas plus d'une minute. Il a besoin de savoir.

Est-ce que tu... tu regrettes ?

De l'avoir sauvé, sorti des griffes de ces monstres, pansé et sorti de l'enfer.


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Mar 28 Aoû - 22:41

bleeding out (for you).

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Pourquoi tu as dit ça ?

Il te faut quelques secondes pour réaliser pleinement les mots qui viennent de franchir tes lèvres. Ce n’est pas ce que tu voulais dire, pas ce que tu voulais demander. Mais tu as parlé sans réfléchir. Voilà ce qui arrive quand tu te laisses diriger par ce défaut humain que l’on appelle parfois « cœur ». Le tien est rouillé, il grince de partout ; c’est si rare qu’il sorte de la cave humide où tu l’as enfermé. Pas étonnant qu’il ne sache où aller. Pas étonnant qu’il trébuche et vacille quand il sort à l’air libre.

Tu voudrais revenir en arrière, effacer ce que tu viens de dire. Trop tard. Le mal est fait. Tu peux voir dans les yeux cerise du garçon qui déjà se couvrent d’un brouillard humide, sur ses pommettes qui prennent une teinte groseille, les fruits de tes paroles inconsidérées.

Sa réponse remue en toi des souvenirs amers. Ceux d’il y a cinq ans, quand une opération de démantèlement d’un laboratoire alien illégal a irrémédiablement mêlée ta vie à la sienne ; et d’autres, bien plus lointains, bien mieux enfouis, que tu repousses avec angoisse, pas maintenant, pas ici. Et à cela se mêle une fureur sombre, envers les criminels qui ont pris et brisé tant de vies humaines, qui envahissent votre planète et vous traitent comme une race inférieure.

Tu serres les poings.

Cette colère, elle guide tes pas chaque jour de ta vie, mais à cet instant, elle ne t’aide pas le moins du monde. Ce n’est pas la violence qui va faire disparaître la détresse de Caem, apaiser le chagrin que tu lis dans sa voix. Ce sont tes mots qui l’ont causée et ce sont tes mots qui doivent la guérir. Mais tout ce que tu as à offrir, c’est ta logique froide qui balaie tout, comme on chasse une mouche d’un revers de la main.

— Quelqu'un d'autre serait venu. Peut-être même quelqu’un de meilleur que moi.

Quelqu’un qui ne t’aurait pas fait du mal comme je viens de le faire, songes-tu, mais cela, tu le gardes pour toi.

Et puis la question vient, inattendue.

Stupide.

Si stupide, que tu en rirais presque, si elle ne t'agaçait pas à ce point.

— Imbécile.

Le mot claque comme un fouet, sèchement. Certains se content de quelques éclairs, mais toi, c'est tout l'orage du ciel que tu as dans le regard.

— Tu crois que je ferais tout ça, si je regrettais ?

Tu avances d'un pas vers lui et tu désignes d'un geste vague son torse bandé par tes soins, ton canapé ruiné.

— Je me tue à essayer de te garder en vie, et tu penses que je regrette ?

Tout à coup, tu te rends compte que tu as haussé le ton, que les battements de ton cœur se sont accélérés. C'est si inhabituel que cette simple réalisation suffit à t'arrêter net.

Lentement, tu inspires. Expires. Relèves enfin les yeux vers lui.

— Je ne regrettes rien. Compris ?

C'est terrible, Jaemin, la brutalité avec laquelle tu t'exprimes, alors que tu avoues à demi-mot que tu tiens à lui. À croire que tu ne sais tout faire que violemment, même aimer.


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Caem
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Mer 29 Aoû - 1:15
Ses mots sont d'un noir profond.
L'habituel gris, si doux, si éphémère, est remplacé par une aura ténébreuse qui ne manque pas de faire son effet sur Caem ; il tressaille, à chacune de ses paroles, tout en les buvant avidement et les gravant dans son esprit comme s'il s'agissait des saintes paroles à marquer sur un parchemin béni. Si les premiers mots sont pour lui déplaire, lui faisant l'effet de griffes acérées lacérant son âme, la suite se fait bien différente et le laisse perplexe, ainsi que troublé. Terrifié.
Mais par quoi, ou par qui.

Il ne sait pas bien à quel moment - sûrement lorsque Jaemin l'accusait d'avoir pu penser quelque chose d'aussi improbable - mais il s'est éloigné. Il a reculé de quelques pas, et ses genoux sont proches de le lâcher, trop de pression sur ses frêles épaules.
Caem devrait être en train de sauter de joie, le coeur en fête, car la réponse est celle qu'il voulait ; mais il se retrouve dans l'incapacité de ne serait-ce qu'esquisser un sourire, accablé par ses propres pensées, passées comme présentes.

Parce qu'il sait.

Oui, il sait que toute la sincérité de cet homme n'est que factice puisque Caem n'est pas honnête avec lui, cachant tout un pan de sa vie, qu'il sait, changerait à jamais la façon dont Jaemin le regarde, le considère. Ce sont ses propres mensonges qui rendent faux les paroles de son sauveur ; et ça le détruit de le réaliser.
Mais il restera tout aussi silencieux à ce propos ; ce qu'il ne sait pas ne peut pas le blesser, pense-t-il. Levant une main, il la pose sur son avant-bras opposé qu'il serre entre ses doigts - pareils à des serres de rapace, plongeant dans sa chair sans en faire couler une seule goutte vermeille. Non, il ne dira rien, alors à la place, il s'arme d'un sourire ; de ceux qui montent jusqu'aux yeux, mais il ne peut ravir par la tristesse lisible dans ses traits, incapable de camoufler les larmes qui bordent ses cils.

J'aurai pas voulu de quelqu'un d'autre, moi je suis content parce que c'était toi.

Aussi enfantin cela puisse sonner à ses oreilles, ce n'est que la pure vérité. Il est plus que ravi que cela ait été lui, car il n'aurait pas supporté quelqu'un qui aurait prétendu l'apprécier, cherchant à se lier d'amitié avec lui dans le seul et unique but d'obtenir des informations de sa part. Il n'aurait pas supporté les faux sourires et l'abandon soudain qui aurait suivi la fin de l'enquête.
Jaemin ne lui a fait rien de tout ça.
Sans la moindre hésitation, il lui a montré ses couleurs dès la première seconde, et c'est de ce gris perpétuel que Caem s'est entiché. S'il n'avait pas été là - au-delà de son statut d'agent, il n'aurait pas survécu, il le sait. Il n'aurait pas su supporter sa nouvelle condition. Il ne l'aurait pas voulu ; et, au début, ça avait été ainsi.
Oh, comme il aimerait lui dire, lui étaler ses sentiments, lui faire comprendre à quel point il l'a sauvé. Il ne s'est pas contenté de le sortir de sa cage, et il n'en a pas conscience. Ça l'attriste, mais ce serait sûrement de trop. Caem ne peut se montrer plus envahissant qu'il ne l'est déjà, et risquer ce lien si fragile qui les unit.

Je pensais pas vraiment que tu regrettais, murmure Caem en maintenant son sourire jusqu'à ce que son corps fasse un tour sur lui-même, présentant son dos (tatoué, marqué, souillé). Pardon d'avoir demandé.

Mais il sait que ce sera le cas, il regrettera, le jour où il apprendra qu'il est Rott, le criminel au masque de canidé. Y penser lui brise le coeur et il espère secrètement que cela n'arrivera jamais, un espoir qu'il sait pourtant vain. S'il a toujours su contrôler ses pulsions meurtrières face à lui, calmé par sa présence, il sait qu'il n'est jamais à l'abri d'une perte subite de contrôle.

Bonne nuit, Jaemin.

Il se détourne de lui, sans un mot de plus, sans un regard de plus, puisqu'il refuse de voir davantage de cette franchise ardente dans le regard de cet homme à qui il doit tant. Et les vagues colorées qui envahissent son champ de vision dès qu'il lui parle, si sombres et si intenses, ne sont que le reflet de sa sincérité.
Ses pas le mènent jusqu'au sofa, encore souillé de son sang, trempé d'alcool, et il le contemple un instant ; il représente un souvenir commun. S'il en est content, il n'en montre rien, si ce n'est le léger plissement de ses yeux fatigués. Puis il s'installe, à même le sol, le dos appuyé contre le sofa, attendant d'être seul pour s'allonger et fermer les yeux.

Tout en sachant pertinemment qu'il ne parviendrait pas à dormir.


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Mer 29 Aoû - 20:32

bleeding out (for you).

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Caem te voit comme un héros, alors que tu es un soldat. Certes, ta cause est la bonne, de cela au moins tu es convaincu. Ce que tu fais, quelqu'un doit le faire. Mais c'est un sale boulot. Les héros sauvent des vies. Les soldats en prennent. Là est toute la différence, tu en as bien conscience. Ce n'est peut-être que ceux d'aliens monstrueux, mais tu as du sang sur les mains et des squelettes dans ton placard. Tu n'es pas quelqu'un qui mérite que l'on chante ses louanges. Cette lueur qui éclaire les yeux de Caem quand son regard se pose sur toi, elle n'a pas lieu d'être, car tu n'es que ténèbres.

Il a choisi la mauvaise personne.

Alors quand il te dit avec ses mots d'enfant innocent qu'il ne voudrait pas d'un autre que toi, tu n'es ni flatté, ni attendri. Cela t'effraie. C'est comme si tout à coup un étau de fer t'enserrait la poitrine, parce que tu comprends ce que tu aurais dû réaliser bien plus tôt ; qu'il est trop tard pour changer cela, trop tard pour l'éloigner de toi.

Et même si ça ne l'était pas, en serais-tu capable ?

Tu ne veux pas t'attarder sur cette question, mais quelque part, tu sais que la réponse est non. Car il suffit qu'il te tourne le dos, avec ce sourire triste sur les lèvres, et ces grands yeux de chaton perdu, pour que tu te sentes perdre pied à nouveau.

Dammit.

Tu ne peux pas le laisser comme ça.

— Lèves-toi.

Ta voix est inflexible, elle ne laisse pas la place au doute, au questionnement ; elle ordonne.

— Tu ne vas pas dormir par terre. Après un instant, tu ajoutes comme pour te justifier :  C'est sale.

Ce n'est pas exactement vrai. À l'exception de quelques poils de chats, tout est impeccable. Non parce que tu passes des heures à nettoyer, mais plutôt parce que tu ne passes pas assez de temps ici pour salir grand-chose.


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Caem
ROTT
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Jeu 30 Aoû - 0:46
Le silence fait tâche à ses yeux.
S'il ne provoque pas de bruit, tout reste immobile, figé dans le temps, pareil à une photographie. C'est dérangeant, troublant, effrayant. Alors ses doigts travaillent à produire le moindre son, grattant le tissu de son jean, envoyant de petites lueurs bleues danser devant ses yeux. Le chat, posé plus loin, ne l'aide pas puisqu'il dort, ignorant le tourment de l'homme, et du garçon. Il ne l'entend pas s'éloigner, non plus, et ça le questionne.
Mais il n'ose pas regarder en arrière, constater le moindre échec.

Puis, sa voix résonne - elle ricoche sur les murs lointains et s'affiche sous l'apparence d'un éclair aux teintes d'une lune sous un voile brumeux - et Caem en sursaute, une brève exclamation de surprise s'échappant de ses lèvres. Il ne s'y attendait pas ; ni à cette voix aux couleurs plus claires, ni à ces mots lancés avec sévérité, auxquels il répond par l'acte. D'un bond, il se relève, le dos droit, les épaules redressées, l'expression d'un chiot perdu habillant ses traits juvéniles.

But I'm filthy as well, I'd only get it dirty...

Bien qu'il ne sache pas quoi, exactement. Probablement le sofa, qu'il regarde du coin de l’œil, déjà tâché par sa faute. Un fait qui tord les douces lignes de son visage dans une vilaine grimace ; aussitôt effacée, attention reposée sur l'homme à quelques pas de lui - une si courte distance qui, pourtant, ne lui semblait pas égale à celle qui séparait leurs cœurs.
Ses yeux sont bas, incapable de revenir s'ancrer dans les orbes de glace de Jaemin, perdus quelque part sur la gorge claire et ce pouls qui l'attire, sur lequel il poserait bien la pulpe de ses doigts (la pulpe de ses lèvres). Il déglutit. Et il détourne les yeux, avant que la pensée ne devienne envie, et d'envie ne devienne réalité.

Caem revient au moment présent, et réalise qu'il s'est trompé. Il a répondu ; il ne doit pas, il doit simplement obéir - être docile pour ne pas gêner. Ne pas être haï. Ne plus voir de vagues noires, mais des aurores boréales monochromes. C'est ce qu'il préfère contempler parmi les myriades de couleurs existantes.
Alors il s'agite, nerveux, les mains soudainement moites. Il ne veut pas l'énerver, encore une fois, de peur d'être jeté dehors. Il baisse doucement la tête, ses mèches ondulées tombant devant ses yeux troubles, et se pince les lèvres. Il fait un pas, puis deux lorsqu'il est sûr que ses jambes peuvent encore le porter.

I meant - yes. I'll sleep wherever you want me to.

Il se présente à lui tel un chiot qui demande à être dirigé, tendant la nuque pour recevoir son collier, sa laisse, mais ses oreilles sont baissées et sa queue entre ses jambes.


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Jeu 30 Aoû - 2:36

bleeding out (for you).

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Tu ne t'attends pas à le voir réagir presque instanément au son impérieux de ta voix, se levant aussitôt lorsque tu lui en donnes l'ordre. Il est évident que tu sous-estimes l'influence que tu as sur ce grand enfant. C'est troublant, car d'ordinaire, tu es toujours celui qui obéit, celui qui suit à la lettre les directives de tes supérieurs. Tu n'es pas un leader, Jaemin, tu ne l'as jamais été. Même enfant, lorsque vous jouiez, toi et ta sœur, c'est elle qui prenait les décisions tandis que tu ne faisais que suivre. Ça ne te dérange pas.

Et pourtant, avec Caem, c'est l'inverse. Tu ne sais quoi en penser. Alors tu en restes là pour l'instant.

— I don't care,  répliques-tu, et c'est vrai.

Tu n'en as rien à faire qu'il salisse tout. Il pourrait mettre ton appartement sens dessus dessous, cela ne serait rien à côté du chaos qu'il sème dans ton cœur. Alors, pour se rattraper, il peut bien se plier à tes vœux. Tu ne lui en demandes pas tant ; simplement de ne pas rester ici, sur la moquette froide de ton salon, pendant que tu iras retrouver ton lit moelleux.

Pendant que tu te retrouveras seul, surtout, avec encore gravée dans ton esprit l'odeur de son sang qui si récemment encore, se répandait sur ton sofa. Tu ne dors pas beaucoup, Jaemin, mais quand tu dors, tes rêves ne sont pas des contes de fées ; ou bien ils sont de ceux qu'on ne raconte plus aux enfants, de ceux fait pour choquer et non émerveiller.

— You can sleep in my bed. It's more than big enough for two.

C'est dit sur un ton si naturel que cela paraît presque normal, comme si c'était quelque chose d'habituel pour toi d'inviter quelqu'un à dormir dans ton lit.

Ça ne l'est pas. Même les inconnus avec qui tu partages parfois une nuit de ta vie ne mettent jamais un pied dans ta demeure, et encore moins dans ta chambre. D'abord parce que tu n'aimerais pas les voir revenir, mais aussi parce que tu te sentirais beaucoup trop vulnérable.

Oh, ce que tu peux détester ce mot.

Pourtant, juste pour une fois, tu veux bien l'être un peu. Un tout petit peu.

Et sans attendre de réponse (qu'y-t-il à répondre ? ce n'est pas une question) tu t'éloignes vers le couloir qui mène à ta chambre. Tu ne te retournes pas pour voir s'il te suit, mais tu lances un :

— Come on, don't make me wait.

Comme pour lui rappeler qui commande.


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Caem
ROTT
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Jeu 30 Aoû - 5:01
He doesn't care.
Caem en esquisse un sourire amer, si faible qu'il ne se distingue pas sur la ligne horizontale de ses lippes closes, scellées pour s'empêcher d'exprimer un avis dont on se fiche bien. Il en sourit parce qu'il voit que Jaemin ne comprend pas son point de vue ; il n'en est pas attristé, pas cette fois, puisqu'il considère les tâches laissées derrière son passage comme un marquage de territoire, digne du chiot qu'il est.
Digne de son alter-ego qui se plait à revendiquer chaque crime commis.

Son sourire s'efface lorsque la vague grisâtre envahit son champ de vision, accompagnatrice de mots pour le moins déconcertant. Il n'en sursaute pas parce qu'il ne réalise pas ce qu'on vient de lui dire ; sa tête se relève et il scrute son visage à la recherche d'une réponse. D'un indice. De n'importe quoi. Mais, non, il ne l'aide pas car déjà il se détourne et la réalité le percute d'un seul coup foudroyant.
Son ultime phrase le débloque, le faisant rougir furieusement alors qu'il se tend, les mains crispées sur son pantalon. Il n'y a pas moyen qu'il accepte une telle proposition, mais il est tout aussi conscient que ce n'en est pas une - qu'il n'a pas le choix. Quelque part, cela le réjouit affreusement, son cœur battant la chamade à ne plus s'entendre penser ; mais il n'oublie rien. Non, il n'oublie pas comme un simple toucher de sa part peut être dangereux.

Incapable de désobéir à Jaemin, il se lance à sa suite, plus silencieux que jamais. Il déglutit même avec difficulté. La nervosité le dévore à petit feu, mais dès que le plus âgé s'occupe à ouvrir la voie, dévoilant une nouvelle partie de ce sanctuaire dans laquelle il n'avait jusqu'ici jamais pu s'aventurer, il se calme instantanément.
Les commissures de sa bouche se font moins calmes, quant à elles, puisqu'il se sent soudain d'humeur joueuse ; alors un sourire étire subtilement ses lippes tandis qu'il avance à pas de loup pour pénétrer dans l'antre secrète. Toutefois, en passant près de lui, Caem ne peut s'empêcher de lui glisser quelques mots en se penchant vers son oreille :

See ? That’s exactly why I’m happy it was you, and no one else

Il le dépasse dans la pièce après lui avoir adressé un sourire complice, fruit de sa candeur, étincelles de pure joie dans ses perles rosées, et balaie ensuite la pièce du regard. Caem n’y voit rien de personnel, rien de plus que du gris (du noir, du blanc, peu importe : c’est froid).
Quelques pas de plus et il frôle le lit de ses genoux, contemplant alors l’immensité de confort et de douceur ; qui devrait le réjouir d’avance mais c’est une toute autre émotion qui se lit dans ses yeux. Il panique. Ses poings se serrent à en blanchir ses jointures, mais rien à craindre, il ne se blesse pas. Une inspiration, puis deux, et il s’en éloigne. C’est trop pour lui.

Jaemin ?...

Il en abuse, c’est un fait dont il est parfaitement conscient, mais il n’est qu’un enfant fait de caprices ainsi que de craintes. Alors il ne peut réprimer ceux qui lui hurlent de sortir d’ici, de retourner sur la moquette froide mais inoffensive.
La honte, mêlée à tout un tas d’autres émotions folles, colorie ses joues jusqu’à la pointe de ses oreilles, lorsqu’il s’approche de lui et tend une main tremblante vers lui, attrapant un pan du tissu de sa chemise – avec cette allure de chérubin à laquelle il ne s’est pas encore défaite. Il ne le regarde pas, il ne peut pas ; trop d’embarras, et de honte, qu’il en laisserait couler quelques larmes.

Can we… hold hands, while sleeping ? I’ve never slept with anyone before and… haven’t slept in a bed since… since I got out

Il en ferme les yeux, effrayé à l’idée d’essuyer un refus, car il sait qu’autrement une perte de contrôle est assurée.


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Ven 31 Aoû - 1:26

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À peine as-tu ouvert la porte et appuyé sur l'interrupteur que Caem te passe devant, un sourire espiègle éclairant son visage où tu ne lisais que chagrin quelques minutes auparavant. Et ce qu'il murmure à ton oreille en te frôlant te fait frissonner.

Mais est-ce de crainte que tu tressailles, ou de plaisir ?

Le simple fait de te poser la question suffit à ce qu'une pointe de culpabilité te gagne. À quoi penses-tu au juste, Jaemin ? C'est un gamin. De vingt-deux ans, et qui te dépasse de plusieurs centimètres, certes, mais un enfant malgré tout.
Qui t’idolâtre.

You, and no one else.

Ces mots sonnent si agréablement à tes oreilles, et pourtant ils ne devraient pas ; tu ne devrais pas te réjouir. Tu n'est pas bon pour ce garçon. Tôt ou tard, tu finiras par lui causer plus de mal que de bien. Tu le sais. C'est inévitable, lorsqu'on est près de toi pendant trop longtemps.

Toujours debout dans l'encadrement de la porte, tu fermes les yeux quelques instants, laissant Caem découvrir l'endroit tandis que tu tentes de retrouver la pleine maîtrise de toi-même. Tu ne réalises pas qu'elle t'a échappé depuis bien longtemps ; depuis que tu l'as laissé entrer dans ta chambre, voire dans ton appartement. Ou même dans ta vie.

Comme le prouve ta réponse instinctive, machinale lorsqu'il appelle ton nom.

— Yes ?

Soudain, tu sens quelque chose tirer sur ta chemise. Tu rouvres aussitôt les yeux, pour découvrir Caem, tout proche, les joues peintes en de délicates teintes vermeilles. Il gagne aussitôt toute ton attention.

Sa demande, pourtant, s'avère absolument innocente, ce qui distille en toi un savant mélange de soulagement et de déception (franchement, à quoi est-ce que tu t'attendais ?).

Et puis, surtout, la dernière partie de sa phrase fait frémir la colère toujours dormante en toi, car tu te rappelles à quel point Caem est brisé ; et tu en sais quelque chose, puisque c'est à toi qu'à échu la tâche de recoller les morceaux, un par un.

Mais Jaemin, tu as tout collé de travers, et le résultat est si fragile que c'est un miracle qu'il puisse tenir debout. Alors, ne va pas l'ébranler par tes paroles ; car tu risquerais de tout détruire à nouveau.

Et il est des blessures que l'on ne peut guérir.

Tu soupires, et détournes le regard.

— Fine. Whatever. Now let go of my shirt. I'm not gonna sleep in it.

Tu l'as déjà fait, dormir tout habillé ; quand tu n'avais pas le temps entre deux missions, par exemple. C'est tout sauf confortable, et tu préfères l'éviter si possible.

Et puis tu te rappelles ce qu'il vient de te dire, qu'il n'a jamais dormi avec quelqu'un avant, et tout à coup tu es pris d'un doute.

— Unless... it makes you uncomfortable ?

Et maintenant, c'est toi qui est mal à l'aise.


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Caem
ROTT
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Ven 31 Aoû - 4:12
Il s'en veut presque d'avoir fermé les yeux.
Les paupières abaissées, cachant alors ses perles rosées, il perd le spectacle des mots gris de Jaemin ; il est si difficile ainsi de dire s'il accepte à contrecœur, il regrette alors subitement mais le soulagement se fait premier et s'éclipse dans un soupir en voyageant hors de ses lippes entrouvertes, étirées dans un doux sourire de reconnaissance. Aussitôt dit, aussitôt fait - Caem relâche le tissu et recule d'un pas, lui laissant une zone de confort, rassuré.
Sa main se pose au niveau de son coeur qui lui chante une douce mélodie.

Et, en parlant de ne pas dormir avec une chemise, Caem réalise sa tenue. Un regard vers le bas lui fait remarquer qu'il n'a que son pantalon pourpre, tâché de divers liquides (sang et alcool). Il ne supporterait pas de le porter dans ce lit, de risquer de le salir, même s'il lui a bien fait comprendre qu'il s'en moquait. Alors il s'active aussitôt à s'en défaire, et lorsque sa boucle de ceinture est retirée, une vague grise danse devant ses yeux, lui faisant relever la tête vers lui, un sourcil arqué de curiosité.

Uncomfortable ? Why ?

C'est une question qu'il ne saisit réellement pas, comme peut le témoigner sa réaction alors qu'il continue à se dévêtir, se présentant dans la seconde qui suit en simple boxer rose. Son regard (de la même teinte) reste focalisé sur Jaemin un long moment, le temps de plier distraitement son pantalon, puis il décroche des orbes argentées pour poser le vêtement au sol, là où il ne gênerait pas selon lui.
Le drame commence alors pour le jeune humain, les yeux braqués sur le lit, incapable de se décider à grimper dessus. Sa salive passe difficilement dans sa gorge. Avec une certaine lenteur, celle d'un animal qui touche du bout de sa patte ce dont il se méfie, Caem pose une main à plat sur les draps, s'enfonçant aussitôt dedans ; il en sursaute et recule vivement, comme brûlé. Soupirant d'exaspération, il secoue doucement la tête et prend une inspiration avant de retenter l'expérience.

On which side should I sleep ?

Dès que la réponse lui est offerte, il pose un premier genou sur le matelas, dérouté par le confort, mais prend sur lui et s'avance dessus à quatre pattes jusqu'à pouvoir atteindre un oreiller sur lequel sa tête vient se reposer. Il y frotte son minois, se familiarisant avec le confort nouveau, et hume le parfum imprégné dans les draps. Sans surprise, il y découvre une odeur qu'il ne connait que trop bien et qui lui arrache aussitôt un sourire en coin ; cet enivrant parfum musqué mêlé à l'odeur des cigarettes qu'il ne peut sentir que sur Jaemin. Se délectant de cette senteur unique, ses pensées ne peuvent que se tourner vers son propriétaire et il accroche ses prunelles aux siennes, s'y perdant un instant - ou est-ce plus qu'il ne le pense ?

I've always loved your silver eyes... so calm and beautiful. Well, just like you.

Caem en rit tout doucement, de sa voix faible et espiègle, innocente et enfantine ; tant et si bien qu'on en soupçonnerait jamais le criminel qui se cache derrière. Les genoux repliés vers lui, formant une petite boule, il tend la main vers le plus vieux, impatient, ainsi que fatigué, comme il le démontre en frottant un œil de son autre main, un bâillement au bout des lèvres.

You're coming ?

Ce soir, il laisse les monstres coincés dans sa tête sous le lit de Jaemin.


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Ven 31 Aoû - 7:25

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Tu aurais dû t'attendre à cette réaction. Elle est si typique de Caem – si candide, si naïve – que tu t'en veux de ne pas y avoir pensé plus tôt. Bien sûr qu'il ne comprendrait pas. Tu réfléchis trop, Jaemin. Tu t'inventes des problèmes là où il n'y en a pas. Vous allez simplement dormir ensemble, c'est tout. En vous tenant la main. Sans la moindre ambiguïté.

Alors pourquoi est-ce si difficile de détacher ton regard de ses mains défaisant la boucle de sa ceinture, et faisant glisser son pantalon jusqu'en bas de ses jambes ?

Tu déglutis, et te rappelles (une fois de plus) que c'est de Caem qu'il s'agit ; pas d'une de tes conquêtes d'un soir, que tu laisses faire de toi ce qu'ils souhaitent l'espace de quelques heures, avant de les oublier aussitôt après. Tu ne pourrais pas lui faire ça, pas à lui.

Il serait dévasté.

Tu n'aurais plus qu'à dire adieu aux sourires enjoués, aux yeux pétillants de malice qui te fixent en ce moment même. Rien qu'à imaginer la déception, l'expression de trahison sur son visage, tu as envie de vomir. Pendant un instant, tu te détestes d'avoir ne serait-ce qu'imaginé faire une chose pareille.

— No, it's nothing. Forget about it.

Forget about it, c'est aussi ce que tu te dis à toi-même ; et tandis que Caem fait une première tentative timide avec le matelas, tu te décides enfin à te déshabiller à ton tour. Tu prends ton temps, précautionneux comme toujours.

Tu ne t'attends pas à la question ; elle te tire un haussement de sourcils. Tu as envie de dire que cela n'a pas beaucoup d'importance, mais tu sais que ce n'est pas la réponse qu'il attend.

— You can sleep on the left.

Tu finis de plier tes vêtements avec soin, et tu les déposes sur la commode. Lorsque tu relèves les yeux, tu croises ceux du jeune homme.

Quelques secondes s'écoulent dans un silence parfait ; avant qu'il ne le trouble, en même temps que ta résolution, par ses mots charmants, charmeurs sans chercher à l'être. Il rit, et toi, tu rougis. C'est très léger, à peine une pointe de rose sur le haut des pommettes, mais c'est bel et bien présent.

Il n'a pas conscience de l'effet qu'ont ses paroles sur toi.

— Don't say stuff like that.

Parce que tout à coup, tu as l'impression d'être à nouveau un adolescent débordant d'hormones, et bordel, ce n'est pas censé se passer comme ça.

C'est pathétique. Tu es pathétique.

— Yes, I'm coming. God, you're so impatient.

Enfin, tu te glisses sous les draps infiniment doux. À chaque fois que tu rejoins ton lit, tu te dis que tu devrais y passer plus de temps ; après tout, il est si confortable.

Mais tu as tant de mal à y trouver le sommeil.

Tes doigts viennent chercher ceux de Caem et ils s'entremêlent. Peut-être, juste peut-être, sera-t-il plus facile de t'endormir ainsi.


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Caem
ROTT
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Sam 1 Sep - 1:58

Mais les monstres ne restent pas sous le lit.
Quelques petites heures de répit lui sont données, durant lesquelles il ne fait que dormir d'un sommeil sans rêve, fermement accroché à l'ancre que représente Jaemin. Hélas, cela ne dure pas plus longtemps et les monstres reviennent le hanter, comme chaque nuit, à la différence que son réveil se fait bien plus brutal que n'importe quelle autre nuit.
Et le chaos dans son âme se déchaîne sur son ancre.

Son esprit lui joue des tours des plus affreux, le faisant entrer dans un demi-sommeil qui lui fait perdre pied dans la réalité ; c'est si ironique à dire, lorsqu'il se retrouve suffoquant à croire dur comme fer qu'il est de retour dans sa cuve. Qu'il ne l'a jamais quitté. L'air lui manque, brûlant ses poumons alors qu'il cherche à sortir, à briser la vitre qui le sépare du monde réel - mais rien y fait, Caem ne fait que gesticuler sur les draps, jusqu'à ce qu'une longue inspiration soit prise contre son gré, un réflexe de son corps.

Lorsqu'il ouvre pour de bon les yeux, il se découvre à moitié assis sur des draps qu'il ne connait pas, à chercher sa respiration. Il regarde à gauche, puis à droite, dans un état second, paniqué, le rythme cardiaque affolé. Au bord de la crise. Et il voit quelqu'un ; mais voir est un grand mot, car dans l'obscurité, derrière le voile brumeux qui recouvre ses prunelles humides, il ne distingue rien de plus qu'une silhouette. Sur laquelle il se méprend aussitôt.

Sleeping peacefully, when she caused all this pain ?

Il en écarquille les yeux de stupéfaction, sa respiration se coupant un instant. Sa main s'approche de ce visage qu'il n'aperçoit qu'à moitié, caressant une joue douce du bout des doigts, descendant lentement le long de la mâchoire pour se poser sur la gorge. Sa main l'enserre faiblement, puis la seconde vient s'y poser aussi, et il bouge avec lenteur pour se positionner au-dessus de ce corps qu'il ne veut plus voir respirer. Contrairement à lui, dont la respiration s’affole, alors que ses mains se resserrent sur la peau, sentant un pouls régulier qu'il s'efforce alors à faire disparaître en appuyant. Encore. Encore. Plus fort.

How dare she.
How dare she.
How dare she.
How dare she.
How dare she.
How dare she.


Mais, la réelle question est comment lui, ose-t-il ? Car plus rien est certain, son monde semble s'écrouler lorsqu'il parvient enfin à accrocher son regard au sien. La réalisation qui le frappe le déstabilise suffisamment pour que sa poigne se desserre, rien qu'un instant.

Il ne découvre pas des yeux émeraudes, comme attendu, mais des perles argentées qu'il ne connait que trop bien.



So I bear my skin

And I count my sins


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Dim 2 Sep - 3:21

bleeding out (for you).

♡♡♡ + musique

Tu ne sais pas combien de temps tu passes, les yeux fermés, immobile, à écouter la respiration régulière de Caem. Il tient toujours ta main dans la sienne. Ses doigts sont aussi fins que les tiens mais plus longs, et au bout d’un temps, le contact devient moite, mais tu ne t’en soucies guère. Sa présence à tes côtés a sur toi un effet calmant ; réconfortant, presque.

Tu finis par t’endormir à ton tour, et quelques heures s’écoulent en un clin d’œil. Mais ce n’est ni le son de ton réveil, ni tes propres démons qui viennent troubler ton sommeil. Non, ce qui te force à te réveiller, c’est le manque soudain d’air. Tu étouffes, et ce n’est pas une illusion ni un tour que te joue ton esprit. Non, l’étreinte qui empêche l’oxygène d’atteindre tes poumons est bien réelle et tu la reconnais car c’est celle qui serrait ta main un peu plus tôt ; et te débattre ne t’aide en rien à t’en défaire. Malgré l’angoisse qui t’envahit, tu comprends aussitôt.

Il fait une crise.

Tu l’as déjà vu dans cet état, mais jamais auparavant il ne s’en était pris à toi physiquement. Ce n’est pas une expérience que tu es ravi de connaître.

Tu es faible.

Impuissant.

Et puis, miracle, tout à coup tu sens ses doigts se relâcher autour de ta gorge, et tu peux respirer. Inspirer, expirer, inspirer, expirer. C’est si bon. Tu en profites pour saisir les mains assassines (plus que tu ne le soupçonnes) et tu les éloignes de toi, doucement, pour ne pas le brusquer. La brûlure dans ta poitrine s’apaise peu à peu, et lorsque les battements endiablés de ton cœur retrouvent un rythme moins frénétique, tu prends la parole d’une voix cassée.

— Caem. It’s me. It’s Jaemin.

C’est douloureux, mais après une courte pause, tu continues. Il faut qu’il se calme, tu ne vois pas d’autre moyen que de lui parler. Tu n’es pas vraiment en position de force.

— I’m here. It’s okay. You’re okay.

Dans la pénombre qui vous entoure, tu cherches son regard, ses prunelles roses si peu ordinaires. Il a dit que tes yeux étaient magnifiques, mais les siens n’ont certainement rien à envier à tes perles métalliques.

— You need to calm down, now.

Tu ne dis pas s’il te plaît, parce que ce sont des mots qui ne franchissent presque jamais tes lèvres, mais l’intention y est. Parce que s’il ne se calme pas – si ce que tu viens de lui dire ne suffit pas – alors tu ne sais pas ce que tu feras. Tu ne sais pas ce que tu pourras faire.

Ce serait vraiment pitoyable, songes-tu, de mourir comme ça.


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Caem
ROTT
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Lun 3 Sep - 1:25
If it isn't her, who is it ?
Perdu comme dans un songe, aux contours tâchés de sang, Caem contemple les billes argentées qui le fixent en retour, dans un silence meurtrier. Ses mains se font écartées. L'esprit embrouillé, il ne devient qu'une poupée, une marionnette, entre ces doigts qu'il ne parvient pas à reconnaître ; pourtant, la vérité effleure la surface de sa conscience, elle est à portée de main.
Quelque chose de sombre passe devant ses yeux, pareil à une douce vague.

Les mots prononcés se répètent dans son esprit, à en chercher le sens, l'importance que cela pourrait éventuellement avoir pour lui. Ça en a une, c'est certain, il peut le sentir. Mais elle lui reste invisible ; il ne veut plus rien voir et ses paupières s'abaissent. Toutefois, la voix retentit à nouveau et Caem est attiré par cette ténébreuse brume qui s'en dégage, alors il rouvre les yeux pour les planter dans l'acier à quelques centimètres de lui. Plus beau qu'un clair de lune, plus tranchant que n'importe quelle lame. Plus tranchant que sa peau.

Ce n'est pas elle. Il aurait dû s'en rendre compte plus tôt, mais il y a ce brouillard dans son esprit, qui l'empêche de se concentrer, de réfléchir, de réaliser pleinement ses actes. Ses sourcils se froncent. Il peut sentir son cœur battre, à un rythme irrégulier qui ne colle pas au calme présenté, et sa respiration se fait rare. De petites inspirations espacées. Comme s'il cherchait à réprimer quelque chose. Une douleur lancinante qui commence par les doigts autour de ses poignets ; cette chaleur qui, actuellement, le détruit.

... Jae ... mi .. n

Ce nom remue quelque chose en lui. Sa voix se fait faible, inaudible s'il y avait eu un autre son à entendre, mais dans le silence de la chambre, il est entendu. Et c'est la tâche rouge dans sa vue brouillée qui, en disparaissant pour ne lui laisser que ces yeux gris à regarder, le sort de sa torpeur. Il en écarquille les yeux d'horreur dans sa compréhension, se perdant entre la gorge marquée de ses doigts et ces orbes de plomb.
Il ne se souvient de rien ; rien de concret, tout du moins. La sensation reste toutefois sur la pulpe de ses doigts et ça lui broie le cœur de s'en rendre compte. Impossible, qu'il se dit. Certain jusqu'à ce moment qu'il n'oserait jamais le blesser. Pourtant, il doit bien se rendre à l'évidence. Il l'a fait. Caem a failli tuer la seule personne qui compte pour lui. Celle qui l'a sauvé. Celle qui l'a sorti de l'enfer. Celle à qui il doit tout.

What have I...

Sa voix meurt entre ses lèvres, pris d'un frisson de terreur, d'une panique soudaine qui le fait hoqueter. Ce n'est qu'en voyant des gouttelettes transparentes s'échouer sur la peau claire - celle-ci même où il retrouve la trace de ses doigts meurtriers - qu'il se rend compte de ses larmes. Ses yeux en restent grands ouverts. Peu lui importe sa propre douleur. Jaemin est bien plus important. Et pleinement comprendre que cette même personne si importante à ses yeux a failli disparaître entre ses mains, le fait sangloter de plus bel.
Il ne parvient plus à détacher ses lèvres l'une de l'autre, desserrer ses dents, tentant vainement de réprimer ses pleurs. Mais il essaie tout de même, de s'excuser, entre deux sanglots, deux pitoyables geignements. Il secoue vivement la tête de gauche à droite, se sentant plus monstrueux que jamais, sa propre existence se faisant trop lourde pour ses frêles épaules. Se redressant brusquement, Caem tente de s'échapper ; de cette situation, de cette chambre, de cette vie. Mais ses poignets sont toujours prisonniers et l'en empêchent.

Let me go...

Lui non plus, ne s'abaisse pas à demander. Non. Il supplie du regard, de le laisser s'en aller, de le laisser en finir.


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bleeding out (for you) — caem & jaemin
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