Année 1983, David, Derrick et Dustin, passionnés par la science-fiction et la pop culture, décident d'envoyer un message dans l'espace grâce à un ordinateur sophistiqué depuis leur petit garage à Cosmopolis, dans le Connecticut. Puis c'est parti en couille.Plus de trente ans après, grâce aux exploits informatiques des "3D" (pour "Three Dicks"), les aliens foulent enfin le sol terrestre ! Mais à quel prix ? C'était à l'époque une simple passion. Ni femme, ni emploi, David, Derrick et Dustin ont passé le plus clair de leur temps (et leur vie) à étudier l'espace et la possibilité de la vie ailleurs que sur notre belle planète. Sans diplômes ou certificats, ils se contentent de concevoir des ordinateurs et autres softwares chez eux dans le seul intérêt d'envoyer un message au-delà de la surface terrestre. Ils l'ont appelé Code Cosmo en hommage à leur ville chérie (c'est faux, ils n'ont juste aucune imagination), Cosmopolis.
MERCI DE FAVORISER ANTIS
dabberblimp"



 

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( des larmes sur ma manche ) + mutt

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Lun 10 Sep - 22:41
ils se tordent le cou pour mieux s’entendre rire
c'est une fois devant la porte qu'achilles se rend compte d'à quel point il est petit et qu'il a beau se faire immensément grand, immensément fort, cet enfant de sang-mêlés aura toujours les mains tremblantes.
le voilà ébranlé par des vents lointains, des mots qu'on lui a glissé quand il était assis sur le siège en cuir qui colle à sa peau quand il est en pantalon court. cette brindille de jeunesse a demandé timidement, la voix enhardie par l'émotion s'il fallait qu'il cherche dans son bac à sable. là où il a enfoui les derniers épaves d'une jeunesse exilée, et de parents qui n'ont laissé que des noms et des photographies.

le psychologue a alors hoché silencieusement de la caboche.

il a étalé sur le parquet bien entretenu de sa chambre ce qu'il sait, les puces et les adresses, les numéros de téléphone et des mots à chuchoter dans le microphone.
il lui a fallu quinze jours pour se décider.
les phalanges pliées sur des vieux portraits au papier plastifié, les yeux rivés sur un sang qu'il ne connaît pas et qui lui a souvent fait pleurer de honte.
quand il a entendu l'écho de la voix c'est étrange, sa première réflexion fut qu'il l'imaginait plus claire. dans l'image capturée qu'il fixe intensément, c'est à peine une femme qui tient le bambin qu'il était ! à peine quinze ans, seize peut-être.

avec un peu de mélancolie heureuse il se présente, il énonce et il y'a un silence.
la femme raccroche.

mais au-dos des souvenirs se trouve une adresse, un bar et peut-être qu'il est passé mille fois devant dans ses rondes, peut-être qu'il a aimé la devanture !
le week-end d'après, ils y'étaient tous les trois.

c'était un monsieur fort face à ce tout petit bout d'homme et deux parents emplis de bienveillance : ça a été un sourire, une tape étrangère sur l'épaule et quelques phrases échangées.
un rire bref, dans la taverne à l'odeur de bière et de transpiration - des morceaux d'histoire qu'il a écouté et à la fin quand il a fallu se séparer, un dernier regard : je suis fier de toi, qu'il a dit.

la nuit, il a beaucoup pleuré de cette fierté venant d'un inconnu.

achilles a beaucoup appris ce jour-là, qu'il avait un frère de sang et de nouvelles mains à serrer : des nouveaux contacts à créer sous prétexte de venir de la même terre tapée du poing par les ancêtres.

c'est bien suffisant non ? achilles a toujours voulu avoir un frère.

on n'oublie pas une mère, on n'oublie pas des fils et il a fallu de quelques recherches, d'après ce qu'il avait dit pour espérer - que les racines soient bien dans cette maison à l'image du reste du quartier.

c'est pour cela qu'il est en face de cette porte à la sonnerie pétée, et que sa mère l'a laissé là parce qu'il voulait le faire tout seul ! il voulait affronter une réalité niée pour pouvoir tourner des pages et mieux accepter.

il a mis du temps à choisir son tee-shirt, son sweat et sa veste : du noir, pis du gris, pis encore du noir.
des baskets bien proprettes, des cheveux savamment décoiffés mais il n'arrive pas à sourire.
il a si peur.

il appuie d'abord sur la sonnette qui ne marche visiblement pas pis toque pour se faire entendre, sur le perron.

et quand ça ouvre il prend pas la peine de détailler la personne face à lui parce qu'il voit flou et qu'il a la poitrine qui fait baboum baboum et que ça ne s'arrête décidément pas.

je- c'est davide qui m'envoie tu es--..?

il prononce l'identité, tout doucement parce qu'il ne sait pas les séismes que cela peut provoquer.
BY MITZI



c'est une jeunesse éternelle qui rêve tout bas qui rend sa vie plus belle chaque jour ici bas


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Jeu 13 Sep - 16:21
  • Achilles
  • Mutt
Wasted
Ce matin, en me levant, j'ai eu une sensation bizarre. Je m'suis levé un peu trop vite, puis j'ai vu des étoiles, donc j'me suis rassis. Un goût de ferraille dans les gencives. Trop étrange. J'ai fixé mes orteils un moment, le temps de retrouver un peu l'équilibre. J'avais encore mes fringues de la veille. Mais j'trouvais pas la force de me lever.
Et là, mon oreille a commencé à siffler. Mon corps déraillait complètement. Et ça commençait à franchement me saouler. Tant pis pour les strass dans le champ de vision, j'me suis planté sur mes deux pieds d'un coup sec, et j'suis sorti de ma chambre. Bon, j'faisais pas trop le fier, parce que j'avais encore la tête qui tournait. Mais au moins, j'avais réussi à me lever. Enfin, j'me suis quand même rapidement appuyé contre un des murs de la baraque, puis j'ai vu ma mère me passer devant.

La vieille était sur le départ, sac à main de contrefaçon sous le bras, perchée sur ses talons hauts. J'lui ai marmonné que je me sentais pas super bien, genre faible et fiévreux quoi. Elle a roulé des yeux et des hanches en s'avançant vers la porte d'entrée.
Ah ouais, ok. Parle à mon cul quoi.
Alors moi, forcément, j'ai insisté, j'lui ai dit que j'avais des vertiges et tout. Elle a ouvert la porte et, sans même se retourner, m'a balancé :

« C'est drôle, j'avais exactement les mêmes symptômes quand je suis tombée enceinte. Renseigne-toi, t'attends peut-être un heureux événement. »

La phrase a même pas eu le temps de m'arriver au cerveau qu'elle avait déjà quitté la pièce. Et j'me suis retrouvé tout seul, comme un con.

~~~~~

Donc ça, à en juger à notre horloge toute déglinguée, c'était il y a environ deux heures. Alors... Ça fait approximativement une heure et demie que je suis affalé dans le canapé, à fixer un écran de télévision éteint. J'ai plus de vertiges, j'ai plus de sifflements, ni même de goût chelou dans la bouche. Par contre, j'ai un pressentiment bizarre.
Alors je réfléchis... Est-ce que j'aurais oublié l'anniv' de quelqu'un ? Nan, j'crois pas.. Ou alors, j'ai peut-être rdv quelque part ? Ouais, j'avais peut-être un truc à faire que j'ai complètement zappé !
Putain, j'espère que c'est pas un truc important...
Puis, en même temps, j'ai pas le souvenir d'avoir quoi que ce soit de prévu.

… Qu'est-ce qui se passe ?
J'comprends que dalle.
Il faut super beau dehors. J'ai pas faim, j'ai pas soif, j'ai pas sommeil. Je bouillonne à l'intérieur et en même temps j'peux pas lever mon cul de ce canapé. Y'a un truc qui m'en empêche. Et BORDEL JE SAIS PAS CE QUE C'EST !

Toc toc toc.

Je tourne ma tête tellement fort que j'entends mon cou craquer. Douleur, grimace et couinement. Je plaque ma main sur ma nuque et prends appui sur l'accoudoir du canap' pour me mettre debout.
Mutt, vieux croûton à 18 ans. Quelle vie.

La main sur la poignée, je m'étire doucement le cou. Mes os crépitent comme du papier bulle, mais la douleur se tasse. J'inspire longuement, je bombe le torse (histoire de retrouver un semblant de dignité), et j'ouvre la porte.

J'dois baisser un peu les yeux pour observer le marmot. Lui non plus, il a pas l'air au top. Tout pâle, mais les joues couleur sang. Tremblant comme une feuille. Des larmes dans les yeux. J'me dis qu'il doit être perdu, qu'il cherche quelqu'un. J'l'ai jamais vu dans le quartier. Mais j'ai à peine le temps d'ouvrir la bouche qu'il se met à me parler. Et lorsqu'il me sort mon prénom - le vrai -, et mon nom de famille, j'ai une impression de chaleur désagréable derrière les genoux.

Personne m'appelle comme ça.
J'suis même pas sûr que les gens du district connaissent mon vrai nom.
On a pas mis ces infos sur notre porte ou sur notre boite aux lettres. D'ailleurs, on a même pas de boite aux lettres.
J'ai jamais été à l'école.
J'suis même pas sûr que ma pièce d'identité soit encore valable.
Même les flics ont fini par m'appeler Mutt. Au moins, tout le monde sait de qui on parle.

J'réponds  rien. Je regarde rapidement les alentours, puis j'me mets à le fixer longuement. Et je dois avouer que j'comprends pas grand chose. J'suis super méfiant, mais en même temps... Je veux savoir. J'ai l'droit d'savoir.
Qu'est-ce qu'il me veut ?

« Je sais pas qui c'est Davide. »

J'lui sors ça en me redressant, comme si j'essayais d'être encore plus grand que lui. J'veux être imposant, j'veux avoir l'air fort. S'il croit qu'il peut m'impressionner en me sortant un nom et un prénom. C'est bon wsh, j'suis pas agent secret non plus. C'est pas non plus un secret défense. Désolé petit, mais si tu pensais m'impressionner, c'est raté.

….
Putain mais Mutt.
Regarde-le.
Il est pétrifié.

Bon... J'arrête de faire le coq. J'm'adoucis un peu. À dire vrai, j'sais pas trop comment m'y prendre avec les gosses. Surtout ceux qui arrivent et qui balancent mon identité dans le plus grand des calmes sur le perron de ma propre baraque.
Bref.
J'essaye d'être plus cool.

« Eh... Arrête de pleurer hein. J'vais pas te bouffer. »

Un temps.

« Tu... »

Encore un temps.

« Enfin... »

Allez dude. T'es une grande gueule d'habitude. EXPRIME TOI.

« J'peux t'aider ? »

Woah.
C'était chaud.
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Lun 17 Sep - 0:04
ils se tordent le cou pour mieux s’entendre rire
les premiers mots sonnent comme une fin. c'est risible, tristement risible de sentir son cœur dégonfler comme un vieux ballon de fin de kermesse.
la fête est finie alors qu'elle a à peine eu le temps de naître.
aaaaaah...
il se force à esquisser un sourire un peu rigide quand dans sa gorge c'est douloureux tant c'est serré, tant son incompréhension est serrée pour empêcher l'air de passer.

il a envie de faire demi-tour, partir loin, courir loin là où personne pourra goûter et sentir son sang impur. il a envie de disparaître et que jamais on ne le retrouve - ou plutôt que tu le retrouves ?
il pourrait partir en courant mais ses jambes sont figées et ses épaules abattues par le poids des obligations. il pensait que ça serait simple, qu'il aurait qu'à toquer et que tout irait bien - d'ailleurs il ne t'imaginait pas comme ça.
achilles n'est pas déçu, mais dans son imaginaire ça ne sonnait pas comme cela.

euhm-

il ne sait pas par où commencer alors il prend une grande inspiration pour pouvoir te regarder mais d'abord il parcourt nerveusement le sol de ses yeux, les essuie d'un grand coup de manche et vient enfin à ton minois aux traits peu à peu adultes. davide n'a pas su dire l'âge exact, mais une tranche suffisante pour lui convenir et savoir comment lui parler.

c'est bon, tout va bien.

une seconde bouffée d'air avant de lever ses prunelles au ciel pour trouver ses mots, ça lui fout la pression de t'arracher le droit de savoir par toi-même.
mais achilles a aussi l'égoïsme de vouloir t'imposer cette réalité futile en ces instants, tout cela rien que pour ça- ah !

j'ai cherché à reprendre contact avec ma famille de sang, et il se trouve que davide a eu euh deux fils, et je suis un des deux et euh... voilà.

il ne peut pas prononcer l'évidence fleurissante sous ses mots, l'enfant-roi conclue d'une petite voix.

et du coup c'est lui qui m'a donné ton adresse tu vois, car on est de la même famille.
BY MITZI



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