Année 1983, David, Derrick et Dustin, passionnés par la science-fiction et la pop culture, décident d'envoyer un message dans l'espace grâce à un ordinateur sophistiqué depuis leur petit garage à Cosmopolis, dans le Connecticut. Puis c'est parti en couille.Plus de trente ans après, grâce aux exploits informatiques des "3D" (pour "Three Dicks"), les aliens foulent enfin le sol terrestre ! Mais à quel prix ? C'était à l'époque une simple passion. Ni femme, ni emploi, David, Derrick et Dustin ont passé le plus clair de leur temps (et leur vie) à étudier l'espace et la possibilité de la vie ailleurs que sur notre belle planète. Sans diplômes ou certificats, ils se contentent de concevoir des ordinateurs et autres softwares chez eux dans le seul intérêt d'envoyer un message au-delà de la surface terrestre. Ils l'ont appelé Code Cosmo en hommage à leur ville chérie (c'est faux, ils n'ont juste aucune imagination), Cosmopolis.
MERCI DE FAVORISER ANTIS
dabberblimp"



 

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Mer 19 Sep - 22:04
amour nos baisers florentins avaient une saveur amère
on n'est pas sérieux, quand on a vingt ans.
ou vingt-deux, vingt-trois, vingt-quatre, quand on a les effluves de ce qu'ils nomment être adultes sans avoir encore la peau qui se marque par le temps.
on vit là des instants de liberté, loin des tracas - pourtant john est déjà monsieur.
john a déjà la bague au doigt, le bébé dans les bras et une jolie femme à embrasser quand il rentre le soir dans sa chemise trop blanche et son pantalon noir.
john est déjà père et mari, la réussite nommée campbell - avec son travail bien cadré et ses collègues tous aussi parfaits : c'est un monde sans éclats, lisse et simple à aborder. la route est droite et son amour aussi, il est simple de baiser des lèvres qu'il connaît tant.

et pourtant, leurs nuits sont noires d'encre car il n'y'a pas que la chevelure de lola qui a le blues azur, elle lui a confié sur l'oreiller que son cœur aussi - qu'il n'y'a plus de contact avec sa  famille.

john n'a pas cherché plus loin. il a accepté la confession d'un bras tout contre son corps, le réconfort que l'amant se doit d'offrir : il veut étouffer ses peines pour que sa belle luise de sa plus belle lumière.

et pourtant là, on est venus cueillir cette fleur de jeunesse à la sorti du travail, d'un visage familier et resplendissant - ah, si lola est belle, c'est qu'elle semble avoir hérité des splendeurs maternelles.

si seulement !

comment veut-elle fonder une famille la lola, si elle se sépare des siens a questionné les lèvres traîtresses, comment veut-elle se prétendre humaine...
elle qui est une jolie menteuse ?

john a le palpitant morose, les sourcils froncés et l'incompréhension forgée entre ses doigts : est-ce de la rancœur, doit-il croire cette femme à l'or autour du cou trop brillant pour qu'il ne l'étouffe pas dans son avarice.

lola lui aurait alors menti ? c'est inconcevable ! inimaginable ! lola est humaine, lola a le cœur grand et sous le vernis rose pâle ne se cache pas des griffes avides du nom campbell - non, il ne peut pas douter d'elle.

si ?

il ouvre la porte du duplex et l'appartement aux murs crèmes serait si froid s'il n'y'avait pas les babillements familiers qui s'exclament face à l'annonce du nouveau venu et la musique, qui enveloppe chaleureusement toutes les pièces.

je suis rentré.

il pénètre dans la cuisine avec un sourire forcé, toujours préoccupé, pendant qu'elizabeth se détourne de sa mère en train de la nourrir à la cuillère pour tendre ses bras vers son géniteur.

son air se radoucit.

il vient déposer d'abord un baiser tendre sur le front de l'aboutissement de leur amour et puis continue sur sa lancée pour cueillir la tendresse de lola à même la lippe.

john se détourne pour retirer sa veste de costume et s'exprime d'une voix claire, sans inflexions.

comment vas-tu ? j'ai croisé ta mère, en rentrant.
BY MITZI



j'ai tué une hirondelle parce que je l'aimais trop fort
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Ven 21 Sep - 21:54

la pièce était-elle ou non drôle, moi si j'y tenais

mal mon rôle c'était à n'y comprendre rien

le monde de monsieur et madame avait été érigé à cette époque, sur des colonnes de ouate grise et blanche, des matières friables dont sont fait les jolis amours - il avait la splendeur des temples grecs et la fragilité des temples grecs, john et lola avait donc construit un temple comme les autres ; ce n'était d'ailleurs sûrement pas un temple, puisqu'il n'avait finalement rien d'exceptionnel ou de grandiose ; leurs âmes s'étaient liées pour en créer une troisième et la ligne se clôturait là, simple et concise comme les passions sur pellicule. le bonheur paraissait clair en ces temps-là : il suffisait de s'aimer, et la structure tenait en place.

c'est à la fermeture de la porte derrière lui que le script reprend là où on l'avait laissé, à l'aboutissement d'un amour encore pur : les pages n'avaient alors aucune rature et les comédiens s'embrassaient encore parfois en coulisses - ils n'avaient pas besoin de se faire applaudir.


MONSIEUR, entrant.
Je suis rentré. (Il embrasse sa fille sur le front, puis sa femme, et va pour enlever sa veste.) Comment vas-tu ? J'ai croisé ta mère, en rentrant.



il y a un air singulier sur le visage de lola, qu'on ne lui a pas demandé de prendre - c'est assez rare pour être souligné : ses sourcils sont légèrement froncés et elle a l'air pensive. elle baisse un peu les yeux (regarde le script), mais oui, il n'est fait que pour trois acteurs ! qui est ce personnage de dernière minute que personne ne connaît, qui souffle des répliques depuis les fauteuils -

lola
(madame)
oui, madame - doit improviser.


MADAME.
Bien, merci. (Elle sourit en retour et se retourne vers Elizabeth, lui tend une nouvelle cuillère.) (Elle va bien.) (Vraiment, elle va bien.) Me dis pas qu'elle a envie de me revoir.


(Elle rit.)
non
non, elle n'y arrive pas ; elle n'aime pas l'atmosphère grise qui pleut soudain de dessous leur toit, c'est mélancolique et ça ne lui plait pas - lola n'a qu'un sourire crispé et un regard de vaisselle pour les choses qu'elle ne contrôle pas, et pour tous les serpents qui sifflent par-delà sa tête. son dos se courbe un peu quand elle se penche pour caresser la tête d'elizabeth.

elle t'a dit quelque chose ? ce n'était pas dans le script ; lola n'est pas censée parler ni frissonner à ce moment-là.
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Ven 21 Sep - 23:21
amour nos baisers florentins avaient une saveur amère
( musique ) y'a quelque chose qui ne sonne pas juste dans leur simulacre de vie, à croire que ça peut rouler l'air de rien avec les yeux fermés on en oublie que la lumière de la vérité est parfois tellement brûlante qu'elle transperce les paupières.
et on ne peut plus faire bonne figure, on doit lever la main jusque là immobile aux yeux pour ne pas s'aveugler, détourner le minois pour se ménager : on doit montrer l'inconfort car on n'a pas le choix parfois, de pleurer à cause de la virulence.

mais john s'y prépare, il ne veut pas qu'on lui arrache son masque de monsieur alors il le retire tout doucement pour être habitué au vrai goût de l'air et de ses nuances qu'il a oublié à force, et il incite pour que tu fasses le même.

jette le script lola, c'est une totale improvisation et le public gangrené par le voyeurisme a été liquidé par vos soins : il n'y'a plus que vous et les sales secrets cachés sous les planches grinçantes de la scène.

il pousse un léger soupir pour retrouver sa contenance et tire une chaise pour s'y s'asseoir, il appose ses coudes maladroitement sur la table.

il ne rit pas.

est-ce que tu as quelque chose à me dire lola ?

sonne le regret de devoir poser cette question et de souiller votre toile blanche et de rose amour d'un peu de noir.
il clôt ses prunelles pour ne pas affronter votre réalité : monsieur t'aurait regardée dans les yeux.
BY MITZI



j'ai tué une hirondelle parce que je l'aimais trop fort
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Sam 22 Sep - 23:54

la pièce était-elle ou non drôle, moi si j'y tenais

mal mon rôle c'était à n'y comprendre rien

elle ne le regarde pas non plus ; sans doute a-t-elle peur que ses yeux disent à sa place la vérité imprimée sur les rétines des belles parleuses, pour qu'elle n'ose pas poser les yeux sur le visage qui, lui, ose se dissocier de son masque toujours souriant - comme quoi ils sont réellement au théâtre.

lola porte le poing à sa mâchoire du geste de ceux qui s'ennuient, elle se veut une caricature (comme d'habitude) pour qu'on n'ait rien à lui reprocher mais - ça ne marche pas avec john. ça ne marche pas et elle le sait, aussi elle ne persiste pas, abandonne son expression figée pour le regard des flagrants délits - conserve la pose mais laisse transparaître les milliers de nerfs tendus par le mauvais sentiment comme un reflet de sa propre peau, celle qu'il ne doit surtout pas connaître ; il pleut à flots désormais.

l'austérité de la scène la frappe de plein fouet quand on n'entend plus que la musique durant quelques secondes, elle déglutit en silence et s'exprime avec une voix petite, un peu cassée mais douce à l'oreille ; celle de lola.

non

elle hésite (pince ses lèvres), mais elle a beau retirer le masque au rythme qu'il lui indique, il y en aura toujours un par-dessous qui ne devra jamais la quitter. l'amertume lui sculpte une vérité en bronze lorsqu'elle répète : non, je n'ai rien à te dire.

il n'est même pas vingt heures et lola se dit qu'il est encore un peu tôt pour commencer à regretter (et puis elle a une peur bleue des dîners silencieux), alors elle soupire à son tour, un peu plus doucement, masse ses tempes : elle ne l'a pas regardé dans les yeux en le disant. elle ressert ses ongles dans sa paume (s'en veut) en relevant son regard, s'en veut terriblement en remarquant les pupilles closes.

john

monsieur ? john

prends pas au sérieux ce qu'elle dit. quoiqu'elle dise, je sais pas ce que c'est mais je lui fais pas confiance

elle ne rit pas, ne sourit plus, se détourne vers l'enfant car elle non plus ne supporte pas de soutenir son regard ; monsieur et madame étaient si bons acteurs pour se regarder dans les yeux !

est-ce que lui lui fait confiance ? la question reste sans réponse dans l'esprit de lola, qui bien que sourde à tous les déséquilibres de sa vie en fil tendu, ne pouvait ignorer le vibrement léger des murs tout autour d'elle ; comme soudain attentifs aux rares instants qui les montraient fragiles - et sensiblement humains.
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