Année 1983, David, Derrick et Dustin, passionnés par la science-fiction et la pop culture, décident d'envoyer un message dans l'espace grâce à un ordinateur sophistiqué depuis leur petit garage à Cosmopolis, dans le Connecticut. Puis c'est parti en couille.Plus de trente ans après, grâce aux exploits informatiques des "3D" (pour "Three Dicks"), les aliens foulent enfin le sol terrestre ! Mais à quel prix ? C'était à l'époque une simple passion. Ni femme, ni emploi, David, Derrick et Dustin ont passé le plus clair de leur temps (et leur vie) à étudier l'espace et la possibilité de la vie ailleurs que sur notre belle planète. Sans diplômes ou certificats, ils se contentent de concevoir des ordinateurs et autres softwares chez eux dans le seul intérêt d'envoyer un message au-delà de la surface terrestre. Ils l'ont appelé Code Cosmo en hommage à leur ville chérie (c'est faux, ils n'ont juste aucune imagination), Cosmopolis.
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minuit se lève - PV STYX

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Sam 22 Sep - 4:19


Minuit se lève
ft styx
À minuit, le canal santa croce était si sombre et si opaque que Lazar croyait observer une surface métallique, qui se pliait puis se repliait en suivant le va-et-vient rythmique de la pagaie qu’il agitait doucement. Il y voyait le reflet d’une nuit complètement noire, sans étoiles ni nuages pour la tapisser. Il y voyait sa propre image, son regard torve et son visage qui tranchait l’air comme la lame d’un couteau. Il y voyait la diagonale de sa compagne qui était d’une grâce si monumentale qu’il avait voulu la sculpter pour que jamais le temps n’arrache cet instant à ses yeux.

Sur cette gondole, elle était picturale et il aurait voulu la rendre immortelle.

Mais cette pensée fut furtive, momentanée ; Lazar la traita comme une anomalie parce que l’entièreté de son être était accaparée par un instinct suprême qui le prenait aux tripes et criait au sang. Elle ne le laissa pas s’égarer et le ramena bien trop vite en son sein.

Il avait une faim de loup et ce soir et en conséquence, avait trouvé deux proies alléchantes qu’ils pistaient depuis un long moment déjà, en attendant attendant le moment où ils pourraient enfin fondre sur elles à l’abri des regards.

Cet instant était presque arrivé. Venise s’était vidée et bientôt, il n’y eut plus grand monde le long du canal. Lazar emmena la gondole à quai et au bras de Styx, s’élança sur leurs pas en reniflant sèchement.

Leurs pas résonnaient sur le macadam. Ils prirent à gauche puis à droite, sillonnant les ruelles de Venise. Imperceptiblement, ils se rapprochaient du couple qu’ils avaient pris en chasse, avec la lenteur délibérée du prédateur qui guette l’instant parfait afin de ne laisser aucune chance au destin.

Il y avait une tension fine dans l’air. Quelque chose de picotant. A certains moments, il croyait traverser des aiguilles.

Le long de ses bras, ses poils s’étaient hérissés et son approche devint de plus en plus méticuleuse alors qu’il avait braqué tous ses sens sur la poursuite seule. Mais cette fois, il n’était pas seul, il s’ouvrait suffisamment pour percevoir le bruissement de Styx, la chaleur de son bras et il s’efforça de se calquer sur elle ; si bien qu’il eut l’impression de disparaître dans un même mouvement comme si elle était devenue une extension de son être où que lui l’était du sien.

Ils étaient tout proche à présent.

On n’aurait pas deviné son souffle tant il était faible. Dans la noirceur de la nuit, il n’y avait plus que ses deux yeux qui luisaient d’un feu malsain.

Son cœur battait la chamade. Il avait dans la cage thoracique, un tambour de guerre qui envoyait du feu à travers toutes ses veines et Lazar eut l’impression que sa peau était devenu électrique.

Il jeta un coup d’œil aiguisé à la longue rue qu’ils s’apprêtaient à aborder. Il put y reconnaître une géométrie familière. Un sourire puant découvrit des canines prêtes à trancher et il adressa à Styx un signe silencieux alors qu’il se sépara d’elle pour emprunter à vive allure un sentier parallèle.

Arrivé au bout de celui-ci, il prit à droite et ainsi le piège se referma brusquement; l’étau n’avait à présent plus qu’à se resserrer pour étrangler.

Son corps devint tendu comme la corde d’un arc. Tous ses nerfs étaient prêts à se relâcher, à se fondre dans un seul et même geste létal, mais Lazar aimait prendre son temps. Il y avait des couleurs fascinantes dans toute la palette d’émotions qui peint un homme lorsque celui-ci fait face à son trépas.

Il se rapprocha avec la même lenteur délibérée, fit un sandwich du couple qui n’avait nulle part où continuer.

Il inspira un grand coup, fit craquer la jointure de ses doigts.

- À toi l’honneur.
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