Année 1983, David, Derrick et Dustin, passionnés par la science-fiction et la pop culture, décident d'envoyer un message dans l'espace grâce à un ordinateur sophistiqué depuis leur petit garage à Cosmopolis, dans le Connecticut. Puis c'est parti en couille.Plus de trente ans après, grâce aux exploits informatiques des "3D" (pour "Three Dicks"), les aliens foulent enfin le sol terrestre ! Mais à quel prix ? C'était à l'époque une simple passion. Ni femme, ni emploi, David, Derrick et Dustin ont passé le plus clair de leur temps (et leur vie) à étudier l'espace et la possibilité de la vie ailleurs que sur notre belle planète. Sans diplômes ou certificats, ils se contentent de concevoir des ordinateurs et autres softwares chez eux dans le seul intérêt d'envoyer un message au-delà de la surface terrestre. Ils l'ont appelé Code Cosmo en hommage à leur ville chérie (c'est faux, ils n'ont juste aucune imagination), Cosmopolis.
MERCI DE FAVORISER ANTIS
dabberblimp"



 

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one step at a time — caem & jaemin (flashback)

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Dim 9 Sep - 5:01

One step at a time.

avec la participation du tact légendaire de jaemin
6 years ago.

Tu n’aimes pas les hôpitaux.

Ni parce que tu as perdu des proches entre leurs murs, ni parce que leur blancheur aseptisée t’angoisse. Au contraire, tu aurais plutôt tendance à trouver la propreté des lieux rassurante. Mais à chaque fois que tu t’y rends, tu as l’impression de perdre ton temps. Il n’y a pas beaucoup d’occupations dans une chambre d’hôpital. Tu as horreur de ça, n’avoir rien à faire. L’inaction. Aujourd’hui, pourtant, lorsque tu franchis les portes automatiques de l’imposant bâtiment, ce n’est pas pour faire soigner tes blessures, mais pour voir quelqu’un.

Il s’appelle Caem, il a seize ans, et hier soir, il a voulu se tuer.

S’il y avait quelqu’un d’autre, n’importe qui, pour prendre ta place, tu la laisserais sans hésiter. Mais tu es le seul. Le garçon n’a personne d’autre que toi. Alors quand l’hôpital t’a appelé, tu es venu. Tu ne pouvais pas faire autrement.

Tu refuses d’admettre qu’une part de toi s’inquiète sincèrement pour lui, que pendant les cinq semaines écoulées depuis que tu as mis le pied dans ce foutu labo, tu as eu le malheur de t’attacher un tout petit peu à ce gosse.

À l’accueil, on t’indique où trouver sa chambre. Il te faut presque un quart d’heure pour t’y rendre tellement cet endroit est grand. Tu n’as pas un mauvais sens de l’orientation, mais c’est un vrai labyrinthe et sans les nombreuses indications, tu aurais bien pu t’y perdre. Enfin, tu finis par trouver ; mais en arrivant devant la porte, tu hésites.

Qu’est-ce que tu fous là, Jaemin ? C’est pas ta place. Tu ferais mieux de retourner à ce que tu sais faire, ce à quoi tu es utile. Arrêter de dangereux aliens, c’est ça ton boulot. Pas jouer les baby-sitter pour un ado de seize ans suicidaire, qui mentalement en paraît plutôt dix de moins.

Et puis merde. T’as pas fait tout ce chemin pour rien. Résolument, tu appuies sur la poignée, ouvres la porte et entres.

Il est pâle, terriblement pâle même, et si frêle dans le grand lit d’hôpital. Tu croirais presque voir un fantôme, et après tout, cette image ne lui va pas si mal puisqu’il a frôlé la mort de près, à en croire le médecin que tu as eu au téléphone. « Il a eu de la chance », qu’il t’a dit. Est-ce qu'il penserait toujours ça s’il connaissait toute l’histoire ?

Ignorant la chaise qui pourtant paraît confortable, tu t’appuies contre le mur qui fait face au lit, et tu croises les bras. Tes sourcils froncés sont le seul signe visible de ton humeur alors que tu le fixes pendant de longues secondes avant de briser le silence.

— So I save your life, and you just decide to throw it away.

Ah oui, bonne idée, ça, Jaemin. Le faire culpabiliser. Comme s'il n'y avait pas assez de souffrance dans ses grands yeux d'enfant perdu.


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Caem
ROTT
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Lun 10 Sep - 21:49
Some years ago.

Son regard se perd entre deux nuages, le visage tourné vers l'unique fenêtre de la pièce (blanche, si blanche, trop blanche). Il pourrait presque s'y camoufler à la perfection, avec son teint livide, les bandages immaculés qui habillent sa peau sous sa tenue de patient. Mais plutôt que de se fondre dans le décor, Caem aimerait disparaître. Effacer son existence. Mettre fin à cette vie ; celle qu'on cherche dans son regard éteint, sa peau blafarde et son silence.

Il lève une main, cachée sous une couche de traits blancs, et la tend comme s'il cherchait à attraper un morceau de ciel mais lorsqu'il referme sa paume, le son étrangement métallique que cela produit le fait sursauter, et il se tasse un peu plus sur son lit.

Inspirant profondément, Caem tente de garder son calme et ne pas laisser la totalité de son épiderme devenir une vaste lame aiguisée qui, d'un moindre effleurement, tranche sans aucune pitié. Recroquevillé sur lui-même, il n'ose pas se tenir les bras, au risque d'entailler sa propre peau - ils en viendraient encore à la conclusion qu'il se mutile volontairement.

Seulement, n'avait-ce pas été le cas, la nuit dernière ?

L'une de ses mains vient s'égarer sur les bandages qui recouvrent les coupures sur sa gorge, à ce souvenir. La sensation de sa peau cédant entre ses doigts lui reste, ainsi que celle de sentir son sang chaud s'écouler sur lui et lentement le quitter. Il a voulu disparaître. D'un désir si puissant que la peur de la mort ne l'avait pas effleuré. Il voulait juste en finir et faire cesser d'être ce monstre - cette abomination qu'il est devenu.

La porte s'ouvre mais il n'y prête aucune attention, les genoux repliés et le regard tourné vers le bleu du ciel, perdu entre deux pensées teintées de rouge. Puis il y a du gris qui s'y invite et l'embrouille comme s'il marchait soudain dans un champ embrumé. Il en cligne des yeux qu'il tourne dans la direction de ce bruit grisâtre, découvrant Jaemin Lee.
Caem en plisse un peu les yeux, les commissures de ses lèvres s'étirant imperceptiblement ; il manque de force, d'envie, de volonté - il manque de vie. Voir cet homme, en revanche, lui redonne un petit souffle de vie. Ses muscles se détendent, malgré les reproches reçues. Il voulait le voir. Il est le seul qu'il voulait voir (le seul qu'il pouvait voir).

...You didn't save me, sir. There wasn't anything to save anymore. (Il reste silencieux un instant, joignant ses mains devant lui, puis lève enfin la tête vers lui, l'ébauche d'un sourire flottant sur ses lèvres.) It doesn't mean that I'm not grateful, really..

Et même s'il est réellement reconnaissant, son regard n'a l'air de vouloir dire qu'une chose : au moins, maintenant il peut y mettre fin.


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Jeu 13 Sep - 19:20

One step at a time.

omg i'm so sorry

Les paroles du garçon résonnent d’un écho funèbre dans la petite chambre d’hôpital, mais si elles t'atteignent, tu n'en montres rien. Ce n'est que lorsqu'il relève la tête que tu montres une réaction. Quelque chose de plus sombre dans ton expression, ta mâchoire qui se crispe, tes doigts qui serrent un peu plus fort l'étoffe de ton costume ; tension palpable.

Car bien que sa bouche sourie, ses yeux pourtant si beaux ne reflètent que la mort. Ce sont les yeux d’un homme qui a perdu la volonté de se battre.
Les yeux d’un condamné.

Pendant un instant, tu es de retour dix ans en arrière, face à ton reflet dans le miroir, et il a le même regard que cet adolescent. Alors seulement, tu réalises pleinement le sens de ses mots.

There wasn't anything to save anymore.

Tu comprends, et une part de toi voudrait ne pas savoir, ne pas avoir la moindre idée de ce qu’il peut ressentir en ce moment, ne pas pouvoir imaginer ce qui l’a poussé à cet acte de se blesser volontairement. Tu aimerais effacer ce pincement dans ta poitrine, cette compréhension que l’on doit pouvoir lire dans ton regard. Il n’est pas fréquent, Jaemin, que tu éprouves de l’empathie envers un être vivant quel qu’il soit, homme, alien ou animal. Peut-être parce que tu repousses tous ceux qui tentent de s’approcher de toi. Quoi de plus normal, puisqu’à chaque fois que tu commets l’erreur de ressentir  le moindre attachement, cela se termine mal pour toi comme pour les autres.

Tu devrais prendre tes distances dès maintenant, lui tourner le dos et t’en aller avant qu’il ne soit trop tard, avant que l’un de vous deux ne finisse par blesser l’autre ; car c’est ce qui finira par arriver, c’est ce qui finit toujours par arriver. Pourtant, tu t’en trouves incapable.

Tu ne le sais pas encore, mais il est déjà trop tard.

Alors, au lieu de ça, tu quittes l’appui du mur, et tu viens tirer la chaise pour t’asseoir à quelques mètres du lit, plus proche mais encore distant, toujours distant. Si tu dois rester longtemps, autant être à l’aise.

Tes doigts entrecroisés viennent reposer sur tes genoux. Tu promènes ton regard dans la pièce, mais elle est aussi vide et nue qu’une cellule de prison, et à peine plus chaleureuse. Tu clos les paupières quelques instants, cherchant tes mots.

Quand tu rouvres les yeux, c’est pour les poser sur Caem, froids, sévères, méprisants.

— You’re wrong.

Ta voix est calme, mais pas dépourvue d’émotions ; il s’en dégage une colère maîtrisée.

— You want to die, but you don’t know what it is to live. You’re giving up before even trying. That’s just cowardice.

Et toi, Jaemin, que sais-tu de la vie et de ce qu’elle a à offrir ? La tienne est aussi vide de sens que les mots qui franchissent tes lèvres, et pourtant, tu les prononces avec une telle assurance qu’ils paraissent presque sincères.

Au fond, peut-être qu’ils le sont, ne serait-ce qu’en partie. Peut-être qu’il y a encore un peu de vie, un peu d’espoir en toi. Peut-être qu’il y a encore quelque chose à sauver.

— Prove me that I wasn’t wrong to save you. Because right now, when I look at you, all I see is a weak piece of shit who don’t even deserve to be looked at.

Ou peut-être pas.


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Caem
ROTT
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Dim 16 Sep - 2:13
You're wrong.
Il y a un long flottement avant que ces paroles ne soient prononcées, un laps de temps appréciable pour tes yeux qui se reposent de toutes ces couleurs envahissant ta vision, dont le temps semble se figer puisqu'il n'y a aucun bruit pour troubler ta vue ; cette photographie que tu te plais à contempler. Cet homme que tu te plais à admirer. Depuis qu'il t'a sorti de ce labo, tu ne fais plus que ça - ou bien tu regardais les ténèbres derrière tes paupières, incapable d'affronter ce monde directement, l'étrange et épouvantable sensation d'être jeté en pâture aux lions ne te quittant pas.
Mais, lui, Jaemin Lee, parvient à te faire voir au-delà de la cage aux lions.

Il te donne sans cesse l'impression d'être le maître des lieux, fouet en main, prêt à calmer n'importe quelle bête. Qu'il sera le premier à punir si l'une d'entre elles venaient à dépasser les limites, et qu'il sera le premier à te donner un fouet pour te permettre de faire de même. Autrement dit, il n'est pas là à argumenter que la vie est bien trop belle pour être gâchée, il est là à te pousser à la vivre, quitte à te donner un coup de pied au derrière. C'est cette franchise que tu apprécies tant chez lui, qui te pousse à chercher sa compagnie, à vouloir suivre son exemple. Comme tu aimerais être capable des mêmes choses que lui !

De ce fait, plutôt qu'être attristé, ou apeuré par ses mots durs, tu souris. Vos regards ne se croisent pas, puisque tu préfères observer le mouvement de tes mains aux sons métalliques, faites de chair et de fer, de vie et de mort. Tu es conscient que tu peux te confier à lui, malgré son évidente réticence à vouloir être une épaule sur laquelle pleurer, ou même s'appuyer. Sa présence, toutefois, te suffit à te rassurer quant à ses intentions. Et tu te décides alors à parler, à t'exposer sans barrière, plus fragile que de la porcelaine :

— Obviously, I don't know what life is. I've lost almost ten years of my life, probably the most important years of it... Now, I don't know who I am.

Tu prends une pause durant laquelle tu soupires doucement, essayant de calmer les tremblements qui attaquent tes membres, et te recroquevilles davantage ; le rouge qui s'échappe de tes lèvres te paraît bien pâle, presque rosé, comme la couleur de tes yeux. Ceux-ci même que tu souhaiterais crever pour être la preuve la plus évidente de ton changement.
Tu t'en mords les lèvres avec force, comme si tu cherchais à en percer la douce pulpe, à faire couler encore plus de sang. Mais ta carne se fait déjà déchirée à tant d'endroits ! Alors tu laisses ta lippe échapper au traitement de tes dents et expires un souffle chevrotant. Ton regard se tourne finalement vers lui et tu peines à retenir tes émotions, si visibles dans tes grandes billes incarnadines.

— When I look at the mirror, I see a stranger (Il secoue la tête et baisse les yeux sur ses mains, légèrement levées devant lui.) I don't know who I am, or what I am

Pour lui, tu as sûrement seize ans, comme pour toute autre personne excepté toi. Ces dix ans passés dans le laboratoire, coincé dans une cuve remplie d'un étrange liquide qui inondait tes poumons, tu ne les as pas senti comme tels. Tu ne les as pas vécu comme tels. La plupart du temps, tu étais... endormi, quasiment plongé dans l'inconscience, mais tu pouvais les entendre.

Eux, comme les autres cobayes.
Les rires, les cris, les directives, les pleurs.
Rien ne t'échappait.
Et tu aimerais effacer ces souvenirs.

Tu secoues à nouveau la tête, avec plus de véhémence, essayant de chasser ces images si vives de ton esprit, prenant ta tête entre tes mains, tes doigts se mêlant à tes mèches noires (aussi noires que ces souvenirs). Les yeux clos, tu serres les dents pour réprimer tes geignements, tes sanglots, tes émotions folles qui te consument peu à peu.

— I'm scared of myself

Ta voix éclate pour ne laisser entrevoir que les fissures qui te composent, celles qui t'ont donné envie de mourir. De pourrir.


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Dim 16 Sep - 20:31

One step at a time.

ffklj

Tu espérais le secouer, le faire réagir, et tu obtiens l'effet inverse. Il sourit, comme si tu lui avais offert de tendres paroles d'encouragement. Pour une raison que tu ne parviens à comprendre, il semble trouver une forme de réconfort, de sécurité dans ta présence. Tu l'avais déjà remarqué pendant les semaines passées. Dès lors qu'un autre agent entrait dans la pièce, il semblait plus fermé, plus craintif. Avec toi seulement, Jaemin, il a fini par accepter de s'ouvrir ; comme il le fait à présent en te confiant ses angoisses.

Il te prend pour sa mère ou quoi ? T'as pas signé pour ça. Pour écouter un gamin te décrire à quel point il est paumé, brisé et peut-être même irréparable. Pour entendre le récit de ses supplices et le voir ensuite s'effondrer sous tes yeux. C'était pas dans la description du job, bordel. Protéger les citoyens, ouais, bien sûr, mais leur tenir la main pendant qu'ils pleurent sur ton épaule, non merci.

Pourtant, tu bouges pas de là où t'es assis. Tu restes et tu l'écoutes, un peu plus hérissé à chaque phrase qui franchit ses lèvres. Et la colère qui pointe n'est même pas dirigée contre ce garçon qui te fait perdre ton temps avec ses jérémiades. Non, c'est à ses bourreaux que tu aimerais tordre le cou ; et te rappeler que pour certains, c'est déjà fait, ne t'apaise qu'à demi.

Tu laisses encore filer des secondes avant de reprendre la parole, le temps d'apaiser ta haine. Tu as tes émotions au bout des doigts (tendus, crispés les doigts), c'est à peine si tu les retiens. Tu as l'impatience de la jeunesse et la dureté du fer qu'on a déjà passé à l'épreuve du feu. Et quoi de plus facile que de se laisser emporter, mais pas aujourd'hui. Aujourd'hui tu maintiens non sans peine la façade inébranlable que tu consolides chaque jour un peu plus, pierre par pierre, centimètre par centimètre, jusqu'à ce que plus rien ne puisse t'atteindre. Ou du moins c'est ce que tu crois.

— I'm not scared of you.

Pourtant tu as vu son regard. Tu sais ce dont est capable un homme qui n'a plus d'espoir, un homme qui n'a plus rien à perdre. Tu le sais, mais tu as choisi de ne pas te méfier cet adolescent enfant aux boucles brunes et aux perles rosées. L'avenir te dira si c'est une erreur.

— Your skin can cut stuff. So what ? It doesn't make you impervious to bullets. I could get rid of you in two seconds.

C'est dit sur le ton du fait, de l'indéniable, de l'indiscutable. En théorie, c'est vrai. Rien de plus facile que de sortir ton arme, de la pointer sur lui et d'appuyer sur la gâchette, pour briser cette fragile poupée de porcelaine aux doigts fins. Mais en pratique, serait-ce réellement aussi simple, Jaemin ?

— The only person you should be scared of right now, is me.

C'est ce que disent tes mots, c'est ce que disent tes yeux, mais qu'en dit ton cœur ?


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Caem
ROTT
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Mer 26 Sep - 4:25
I'm not scared of you.
Ces mots se font plus puissants que tes pensées, les effaçant d'un coup, comme si elles n'avaient jamais été. Tu relèves la tête, te redressant peu à peu, l'observant de biais, tes mèches servant de barrière à ton regard ; ce regard qui en dit trop, qui lui ferait si aisément comprendre ce que tu en penses, qui servirait pourtant à t'arrêter avant que tout ne dégénère. Il ne le réalise pas, en t'exposant ses arguments, que tu es loin de les prendre en compte, focalisé sur un sentiment poignant qui semble te broyer l'estomac à mesure que les secondes s'écoulent.
Maybe you should be scared of me, penses-tu.

Un sourire étire discrètement tes lèvres lorsqu'il te dit être celui à craindre dans cette salle. Tu en serais bien incapable, mais tu te retiens de le lui faire savoir, au risque de blesser son égo, de mettre en péril ce lien étrange et terriblement fragile qui vous relie. Alors tu restes muet, prenant quelques instants pour te remettre de tes émotions, essuyant tes larmes pour lui paraître plus présentable. Moins pathétique. Et, une fois plus calme, tu regardes tes mains ; ce bandage humide, froissé, inutile. Avec lenteur, tu entreprends de le défaire, oubliant les consignes des médecins - si toutefois tu les avais ne serait-ce qu'écouté.

— So, what you're saying is that... I shouldn't be afraid ? I should just... live as if nothing ever happened ? (Un regard dans sa direction, les yeux finement plissés, la douleur lisible dans ton mince sourire.) Do you actually believe that it's possible ?

Jaemin te sert de bien belles paroles, censées apaiser tes tourments comme un enchantement, mais ce n'est pas aussi facile qu'il essaie de te le faire croire. Pendant un instant, tu te demandes s'il le croit réellement, s'il est aussi certain de ses paroles qu'il en a l'air, et tu aimerais que ce le soit.
Tes bandages te délaissent peu à peu, au fur et à mesure que tu les défasses, les laissant glisser sur ta peau pour finir en un petit tas de ruban blanc sur tes draps. Très vite, tes bras sont nus, mais tu n'en as pas terminé. Retirant ta blouse de patient qui s'échoue sur le sol par négligence, tu t'attaques à ceux qui habillent ton torse avec un peu plus de difficulté, te retrouvant obligé de recourir à ton pouvoir pour t'en débarrasser.

— Then, tell me, sir... (Il ne reste plus que le bandage autour de ton cou, que tu enlèves plus doucement que le reste, maquillant tes doigts de quelques gouttes vermeilles.) Is it possible for me to live, when I already have so many, in only a couple of weeks ?

Ta carne déchirée est à la disposition de ses yeux gris, le laissant à loisir contempler les bien trop nombreuses entailles - certaines plus profondes que d'autres - qui décorent ton corps sur une zone bien trop vaste. Sans compter celles encore fraîches de sa gorge qui se présentent telles un tableau macabre où l'on peut aisément voir les instruments qui ont servi à le peindre ; ses doigts tranchants marqués sur sa carne délicate.


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Ven 12 Oct - 2:49

One step at a time.

tant de questions

T'es pas doué avec les mots, tu ne l'as jamais été, surtout lorsqu'il s'agit de consoler, d'apaiser. À d'autre la diplomatie, les beaux discours ; tu leur laisses volontiers. Tu es un homme d'action, comme on dit, même si cette formulation laisse supposer un certain manque de finesse et de réflexion qui te caractérise peu. Mais toute cette discussion, ces questions qu'il te pose comme si tu étais supposé avoir les réponses pour quelque raison mystérieuse (parce que tu es un adulte, peut-être, ou parce que tu portes cet uniforme si sérieux)… tout cela te met mal à l'aise. Tu n'es pas dans ton élément, et ça t'agace.

Ça t'agace parce que tu as l'impression que ce garçon attends de toi quelque chose que tu ne peux lui offrir, ou seulement de façon imparfaite ; de l'écoute, du réconfort, des conseils, une épaule sur laquelle pleurer, en somme. Et puis quoi encore ? Un câlin, tant qu'on y est ? Si c'est ce qu'il cherche, il a vraiment choisi la mauvaise personne vers qui se tourner. Un cadavre fraîchement déterré est sans doute plus chaleureux que toi. Il devrait déjà avoir compris ça, alors pourquoi est-ce qu'il s'acharne ? Et pourquoi, bon sang, pourquoi lorsque tu contemples sa silhouette si frêle, si vulnérable, plus encore maintenant qu'il s'est débarrassé des bandages qui la couvraient, pourquoi tu ressens cet élan de compassion ? Pourquoi ton irritation s'efface instantanément, pourquoi tu es incapable de t'énerver contre lui, ou d'être indifférent à sa détresse, comme tu devrais l'être ? Ce ne sont même pas tant les marques sur son corps d'enfant qui secouent quelque chose d'oublié au fond de toi (quelque chose qui ressemble à s'y méprendre à de l'humanité), mais ce que tu déchiffres dans sa voix. Ce même vide que tu as pu lire dans ses yeux. Ce même vide que tu essaies de remplir avec des cigarettes, du sexe et des rêves de vengeance.

Tu détournes le regard.

— What I'm saying,  tu lâches sur un ton qui trahit plus d'irritation que tu ne l'aurais voulu, is that you can't know before you tried.

Ça ne te paraît pas si compliqué à comprendre, mais il faut croire que tu ne t'es pas exprimé aussi clairement que tu le croyais, ou bien c'est lui qui est un peu long à la détente – mais là, tu es juste mesquin, parce que ça te frustre de ne pas parvenir à faire passer le message que tu veux. Et en même temps, ces mots sont déjà trop pleins d'espoir à ton goût, tant et si bien que malgré l'assurance que tu y mets, ils ne sonnent pas tout à fait juste à tes oreilles.

Et bordel, quand est-ce que t'es changé en hypocrite ? Tu te dégoûtes. Qui est-ce que tu essaies de convaincre, Jaemin, en disant tout ça ? Caem ?

Ou toi-même ?

Une grimace vient déformer tes traits pendant quelques secondes, vite effacée cependant par un soupir, avant que tu ne reprennes ton habituelle expression imperturbable, inaccessible.

— I can't give you the answers you want. You'll have to find them yourself.

Dans un sens, c'est vrai. Tu ne peux pas lui répondre avec certitude, lui dire que tout ira bien ou au contraire que tout est fichu pour lui, parce que tu n'en sais rien. T'es pas un docteur, ni un psychiatre, ni un philosophe, ou qui que ce soit d'un tant soit peu qualifié pour juger de ce genre de choses. Mais au fond, c'est des conneries tout ça. Juste des excuses que tu te donnes pour ne pas donner de véritable réponse. Il ne t'a jamais demandé ce que tu savais, il t'a demandé ce que tu pensais.

Qu'est-ce que tu penses vraiment ? C'est ça, la question à laquelle tu refuses de répondre, même à toi-même. Parce que quelque part, tu aimerais croire qu'il y a une chance, même infime, pour qu'il s'en sorte. Pour qu'il vive.


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Caem
ROTT
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Mer 7 Nov - 0:58
Le voir détourner le regard de toi te blesse profondément.

Il est plutôt évident que tu l'as perturbé, que tu as agité quelque chose en lui, quelque chose de déplaisant. Tu en baisses les yeux, t'arrache à sa contemplation douloureuse, de constater qu'il ne peut pas te regarder est cruel ; tu ne le peux pas non plus. La dernière fois que tu as croisé ton regard dans la glace, tu l'as brisé au péril de tes phalanges - c'était le miroir ou tes yeux. C'était la veille, que ça s'était passé ; juste avant que tes doigts ne trouvent leur chemin jusqu'à ta gorge et la serrent si fort qu'ils avaient pénétré ta chair pour y laisser une marque indélébile, la cicatrice que cela laisserait te poursuivrait le restant de ta vie.

Tu n'as pas envie d'essayer, que tu te retiens de lui répondre alors qu'un sourire amer se dessine sur tes lèvres. Tes doigts passent lentement sur les traits qui maquillent sinistrement ta peau, te demandant comment tu les verrais si tu parvenais à vivre quelques années de plus. Ressembleront-elles à un vieux souvenir ? A de vieilles cicatrices de guerre ? Pour l'instant, l'avenir te semble impossible à imaginer, et la simple pensée te fait voir rouge ; une couleur sombre envahissante dans laquelle tu ne fais que te noyer. Il est amusant comme tu étais, à ce moment-là, proche de la réalité.

— But I don't wa-...

Tu t'arrêtes, avant de finir ta phrase, comprenant rapidement que c'est inutile ; plus que cela, tu ne lui paraîtrais sûrement que plus pathétique encore. Alors, lorsque tu relèves les yeux vers lui, tu te contentes d'esquisser un sourire - qui n'atteint malheureusement pas tes yeux, brillants encore de tes larmes passées.
Tu ne lui demandais rien, en vérité. Lui voulait te faire comprendre que tu devais vivre, toi tu voulais lui faire comprendre qu'il n'y avait plus de vie à vivre. Vous ne pouviez pas vous entendre sur ce sujet. Mais tu ne pouvais décemment pas lui tourner le dos, ne pas prendre en compte ces mots durement arrachés de sa bouche, rendre sa visite inutile.

— Why are you here ?

Ce n'est pas un reproche et le ton que tu emploies le montre bien. Tu es curieux, rien de plus, rien de moins. Il n'est pas là pour t'écouter, il ne serait pas venu exprès pour te réprimander ; alors, pourquoi être venu ? Cela te paraît légitime, comme question. Et peut-être, juste peut-être, tu essaies de détourner la conversation, fatigué de tourner autour du pot, de ne pas arriver à la moindre conclusion.
Tu peux sentir que les plaies de ta gorge se sont rouvertes, que des gouttes écarlates s'en écoulent lentement, mais tu ne les arrêtes pas. Tu ne t'en préoccupes pas. A quoi bon ? Tu te les ai infligé toi-même, pour une raison ; qui à présent ne te semble plus tant que ça bonne. Un soupir à fendre l'âme se glisse hors de tes lèvres, et après quelques instants de silence, tu regardes par la fenêtre.

— Will my mummy come too ?

Is that a cruel joke, or did you forget that she's the one to blame ?


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Jeu 8 Nov - 21:37

One step at a time.

c dur d'écrire ptn

Tu ne sais pas ce que tu feras s’il renchérit, s’il rajoute une couche de misère sur la misère, s’il te pose encore des questions dont tu ne veux pas chercher les réponses. Tu as épuisé toutes tes réserves de compassion pour ce qui te semble être l’éternité et même au-delà. Il faut dire qu’elles étaient bien maigres. Elles ont fondu comme neige au soleil, et tu les as volontiers laissé disparaître, tout ça pour ce garçon auquel tu ne dois absolument rien. Ce n’était pas grand-chose, quand on y pense (quelques phrases tirées dans le noir comme des balles assassines) mais c’est tout ce que tu avais à offrir, et c’était déjà trop.

Pourtant tu es encore là. Tu ne te résous pas à le laisser seul avec ses démons, parce que tu sais que bien souvent la solitude les rend plus forts. Alors tu restes, pour le moment.

Il commence une phrase et ne la finis pas. Tes yeux qui le fuyaient reviennent se poser sur son visage, interrogateurs, attendant qu’il complète ce qu’il voulait dire, mais rien. Juste ce sourire qui paraît plus triste qu’autre chose, ce sourire qui pleure. Et une question (encore une). Allez, Jaemin, un petit effort. Ce n’est pas si dur de répondre à celle-là, si ? Tu pourrais dire tant de choses.

Because no one else would have come. Because they said you asked for me. Because I just couldn’t leave you alone. Because I fucking care about you, you moron.

— I don’t know, lâches-tu à la place sans chercher à dissimuler la fatigue dans ta voix.

À croire qu’être sincère est devenu un exercice difficile pour toi, du moins lorsqu’il s’agit de tes sentiments. C’est peut-être ça qui te draine autant, toute cette effervescence trop vive, impossible à ignorer. Ce serait tellement plus facile si tu pouvais juste en faire abstraction, mais tu n’en es pas tout à fait capable (pas encore). Parfois, tu préférerais ne rien ressentir du tout. Être sous anesthésie générale des émotions. D’autres fois c’est l’inverse ; tu cherches désespérément à ressentir quelque chose, n’importe quoi, pour te rappeler que tu es encore vivant.

Aujourd’hui, tu es terriblement vivant et tu ne saurais dire si c’est une bonne chose.

Une nouvelle interrogation te prend au dépourvu. C’est que sous l’adolescent mince se cache un enfant, un enfant qui réclame encore sa mère après toutes ces années – après qu’elle l’ait cédé pour quelques liasses de billets. Ah, et revoilà la colère, comme une vague, comme un raz-de-marée, inarrêtable, et tes mains qui se crispent sur les accoudoirs de la chaise, à faire blanchir les jointures de tes doigts déjà pâles.

Calme-toi.

— No. No, she won't come.

Your mom doesn't give a shit about you, tu penses, mais tu ne le dis pas. Ça, il devra le comprendre tout seul.

— But I could come again. If you want.

Tu as parlé avant de penser et à peine les mots sont-ils sortis de ta bouche que tu les regrettes déjà. Quel genre de connerie sentimentale tu viens de sortir ? Tu ne vas pas lui proposer de lui tenir la main, tant que t'y es ?

— You're bleeding, fais-tu remarquer, comme si cela pouvait effacer ta phrase précédente en réécrivant par dessus ; ctrl+z, on annule, on change, merci bien.


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one step at a time — caem & jaemin (flashback)
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